Livres : Je lis, tu lis, lisons !!! – Rencontre 11 –

JE LIS, TU LIS, LISONS !!!

Chers Amis,

Puisque le livre est à la fois fenêtre ouverte sur le monde

et chemin d’accès vers l’intérieur, lisons !!!

 

Lors de cette onzième rencontre, découvrez

une vie en musique,

suivie de la biographie d’une femme du début du XXe siècle,

et deux petits guides d’anthropologie chrétienne,

présentés par Emmanuelle

 

N’hésitez pas, comme Emmanuelle, à proposer d’enrichir la rubrique de vos propres lectures. Comment ?

Un livre vous a plu : indiquez-moi le titre, l’auteur, l’éditeur et ajoutez un texte expliquant :

  • roman, essai, biographie, guide, etc. ?
  • résumé, peut-être étayé par une phrase ou deux… 
  • style, rythme…
  • « J’ai aimé » :

Lancez-vous ! Envoyez votre document à Pascale : mediatheque@cedidoc.fr

 

Mouvement perpétuel, de Renaud Capuçon, Ed. Flammarion

A 40 ans, Renaud Capuçon revient sur son parcours de vie ancré dans la musique. « Il a une bonne oreille, faites-le jouer d’un instrument » dit un professeur aux parents et ce sera un violon pour l’enfant de 4 ans, violon qu’il ne quittera plus tout en réussissant ses études.

Ce qui ressort du livre se résume en trois mots : passion, travail, ténacité. Mais l’auteur insiste aussi sur la qualité de l’humilité : il faut écouter pour devenir meilleur. Il décrit de quoi est fait le métier de musicien :

« Les débuts d’un artiste sont souvent des moments pleins de promesses et d’adrénaline. Mais aussi de solitude et d’apprentissage » p.95. Il n’y a « personne pour vous rassurer quand vous êtes pris de doute ».

Et lui-même se révèle dans le plaisir de la transmission (il est enseignant à la Haute Ecole de Musique depuis 2014):

« Une carrière de soliste nécessite un don musical, certes, mais aussi des nerfs solides, une santé de fer, des idées et du charisme. Bref, beaucoup de paramètres. Et c’est cela que je me dois, en tant que professeur, de transmettre à mes élèves et aux jeunes avec qui je travaille. Il y a certaines questions qu’un agent ne peut résoudre pour vous. (…) Mais une vie de musicien se construit et se mesure sur plusieurs décennies. »

Il parle de toutes les rencontres qui l’ont façonné, de sa fidélité même à ceux qui ne sont plus. Il invite les jeunes à « musiquer ensemble » (p.117). Lui se dit soliste ET chambriste car il aime passionnément partager la musique. La musique de chambre est pour lui l’école de la vie.

Sur l’excellence, il s’exprime en ces termes forts : « A l’heure où les réseaux sociaux, les promoteurs et les maisons de disques sont à l’affût de la nouveauté, de l’originalité à tout prix ou tout simplement de la rentabilité, il nous faut garder le cap sur une seule valeur : l’excellence dans cet art merveilleux qu’est la musique » p.194.

Bien sûr il évoque son amour pour le Vicomte de Panette, un Guarnerius de 1737. Celui-ci fut pendant 50 ans le violon d’Isaac Stern ; Renaud Capuçon se produit avec lui depuis 2015 sur toutes les scènes du monde.

J’ai aimé : lire le bonheur de cet homme « à servir la musique ». Le lecteur est transporté dans l’univers des compositeurs, des chefs d’orchestre… Un régal qui donne envie de tout réécouter !

« Giulini et Chung – tout comme Messiaen – ont en commun cette foi en Dieu, cette façon de faire de la musique comme une offrande » p.103

Pascale Tochon

 

Mrs Bridge, de Evan Shelby Connell, Ed. Belfond

Evan Shelby Connell (1924-2013) né à Kansas City dans le Missouri est un écrivain, poète et nouvelliste américain. Après avoir interrompu des études de médecine il s’engage dans la Navy en 1943 pour devenir pilote. Son premier roman, Mrs. Bridge, paraît en 1959 et connaît un succès international immédiat. Dix ans plus tard, Mr. Bridge, second tableau du diptyque, fera de ces deux romans objets d’un véritable culte, une source d’inspiration pour de nombreux écrivains avant d’être adaptés au cinéma par James Ivory (1990) avec Paul Newman et Joanne Woodward dans le rôle des deux époux.

Dans ce roman l’écrivain dresse le portrait d’une femme, de sa jeunesse et son mariage, jusqu’à l’envol de ses trois enfants partis vivre leur propre vie au début des années 1940. L’action se déroule à Kansas City.

Un sujet très banal mais qui justement, par cette banalité apparente, en fait un très bon roman car il touche tout le monde. Ici, on parle du quotidien des gens, de leur vie de tous les jours à cette époque. Certes, il s’agit de la classe bourgeoise et blanche de l’Amérique, l’époux est avocat et sa femme reste au foyer, « une digne mère de famille, membre du Country Club ». Evan S. Connell ne peint pas une fresque, il focalise sur une frange de la société et plus particulièrement sur une famille très traditionnelle, plus encore, en se concentrant sur la place de la femme/mère/épouse Mrs. Bridge au sein de cette société de la première partie du XXème siècle.

J’ai aimé : ce roman très intimiste, succession de courts paragraphes qui nous font entrer dans les pensées et les sentiments de cette femme. Certains pourraient la juger durement (elle est à des années lumières de la « femme libérée d’aujourd’hui » !) mais le livre nous fait partager intelligemment ses préoccupations, ses émois, ses difficultés à appréhender la vie de ses enfants. Je n’ai pu m’empêcher de compatir avec elle. Un bon rappel aussi de ce qu’était l’époque de l’avant-guerre, les femmes vivaient dans un carcan de conventions et de restrictions de toutes sortes. J’ai également beaucoup aimé l’humour un peu décalé qui ponctue la narration.

 

 

Prenez soin de votre âme – Petit traité d’écologie intérieure, Jean-Guilhem Xerri, 

(Re)vivez de l’intérieur, du même auteur, Ed. Cerf

 

2 livres complémentaires, le premier étant le plus intéressant, dense et complet, le deuxième une petite mise en pratique de ce qui est présenté dans le premier.

J’ai aimé : (re)découvrir l’anthropologie chrétienne présentée de façon claire. Nous sommes tri-dimensionnels : corps âme et esprit. La vie chrétienne (que l’auteur ne présente pas comme telle mais comme une vie saine et « écologique ») consistera à naître de l’Esprit et vivre en Esprit, et pour cela combattre les « passions » qui enchaînent notre corps, ces liens qui sont le lot de notre humanité, nos compulsions. L’auteur, au deux-tiers du livre, nous livre alors son secret : les pères du désert sont les maîtres du combat spirituel, permettant de passer du « vieil homme » à la vie spirituelle. C’est tout un patrimoine spirituel à se réapproprier. En effet, trop souvent nos contemporains vivent sans savoir qu’il existe en eux une dimension spirituelle qui est vitale, et qui est amenée à s’épanouir si l’on veut vivre pleinement.

Emmanuelle