Livres : Je lis, tu lis, lisons !!! Rencontre 10

JE LIS, TU LIS, LISONS !!!

Chers Amis,

Puisque le livre est à la fois fenêtre ouverte sur le monde

et chemin d’accès vers l’intérieur, lisons !!!

 

Lors de cette dixième rencontre, découvrez

un carnet de voyage dans le vent de l’Atlantique,

suivi de l’histoire incroyable des “reclus de Monflanquin”,

présentée par Emmanuelle

et d’un roman d’une auteure japonaise,

présenté par Elisabeth M. 

 

N’hésitez pas, comme Emmanuelle et Elisabeth M., à proposer d’enrichir la rubrique de vos propres lectures. Comment ?

Un livre vous a plu : indiquez-moi le titre, l’auteur, l’éditeur et ajoutez un texte expliquant :

  • roman, essai, biographie, guide, etc. ?
  • résumé, peut-être étayé par une phrase ou deux… 
  • style, rythme…
  • « J’ai aimé » :

Lancez-vous ! Envoyez votre document à Pascale : mediatheque@cedidoc.fr

 

Cap sur Panama, de Alix Fernet-Scherer et Aldric Vercken de Vreuschen, Ed. Cerf

Avec l’équipage des JMJ à la voile

C’est un journal de bord qui retrace l’aventure maritime et surtout humaine de vingt jeunes Français, étudiants pour la plupart, pendant l’automne-hiver 2018-2019 ! Inexpérimentés mais courageux et motivés, ils se répartissent à bord des trois voiliers, “l’Exultet”, “l’Estran” et le “Ker Maï”, conduits par des skippers chevronnés. Le but de tous : rejoindre les JMJ de Panama !  Et sur la route, à travers diverses escales, rencontrer d’autres chrétiens… Une aventure spirituelle, personnelle et collective. 

Nourris d’espérance et de foi, leurs journées de voile sont rythmées non seulement par le vent de l’Atlantique mais aussi par le souffle de la prière. “La prière n’est pas un devoir envers Dieu, mais elle est un devoir envers soi, pour rester fidèle et à l’écoute, tel un veilleur”, p.180.

De la chapelle de Rocamadour au sanctuaire de Fatima, des sommets de l’Atlas aux rues de Dakar, de Haïti jusqu’au canal de Panama, ces jeunes, qui ont accepté de sortir de leur zone de confort, sont confrontés à la pauvreté des communautés mais les échanges sont riches et porteurs d’espoir. “Chaque rencontre est une leçon de vie”, p.116.

Ils se laissent toucher par la beauté du monde : “Après le Salve Regina l’équipage s’endort sur le pont, le regard perdu dans les étoiles et le cœur dilaté par la splendeur de la Création”, p.132… et apprennent à vivre ensemble : “Entre équipiers, les discussions s’animent (…). Impuissants à trouver des réponses et des points d’entente, il nous faut revenir à l’essentiel : être une oreille qui écoute, un cœur qui prie sans frontières”, p.128. “Et un matin, on comprend que ceux qui nous entourent sont devenus de véritables amis”, p.181.

Au Cap-Vert –  “Chaque rencontre augmente en nous la certitude que la jeunesse a une partition à jouer dans l’Église et que l’Église est prête à les accueillir”, p.143.

Pendant la transatlantique  – “On ne meuble plus son temps, on apprécie de se taire ensemble, de ne pas tout intellectualiser. Jouir du temps présent sans chercher à l’occuper, mais l’accueillir, contempler les étoiles sans chercher leurs noms(…). On débarrasse nos sens du surplus de bruits, d’odeurs et d’images qui nous envahissent”.

La découverte des DOM –  “Nous étions partis à la rencontre de la jeunesse catholique, nous avons découvert les visages de ceux qui la guident. Chez ces religieux, la jeunesse de cœur efface les années de mission”, p.195.

Et en conclusion – “Accueillis dans différentes communautés, nous avons partagé leur quotidien rempli de joies, de simplicité et de générosité”, p.211.

J’ai aimé : la fraîcheur et l’espérance de ce carnet de voyage à lire, et à offrir à de jeunes adultes

Pascale Tochon

 

Diabolique – l’effroyable histoire d’une famille, les «reclus de Monflanquin»

De Ghislaine de Védrines et Jean Marchand, Ed. XO, collection Documents

Durant près de dix ans, onze membres d’une même famille, les Védrines, seront sous l’emprise de Thierry Tilly. Cet homme diabolique les isole, les oblige à quitter leurs emplois, accapare leurs biens, les enfermant dans une paranoïa dont personne ne parvient à les faire sortir. Personne, sauf Jean Marchand, le mari de Ghislaine, celle qui la première, a croisé la route de l’escroc.

Expulsé de sa propre maison, Jean Marchand se bat pendant neuf ans sans relâche. Grâce à sa persévérance, le manipulateur est enfin démasqué. Arrêté en octobre 2009, Thierry Tilly est condamné en avril 2013 à dix ans de prison.

Malgré les épreuves endurées, Jean, Ghislaine et leurs deux enfants peuvent commencer à reconstruire leur vie. Dans ce bouleversant récit à deux voix, Ghislaine de Védrines et Jean Marchand racontent leur descente aux enfers et les retrouvailles miraculeuses qui les ont fait triompher du diable. « Un document pour comprendre les mécanismes d’emprise mentale qui, chaque année, détruisent des milliers d’individus. » Ouest France

J’ai aimé : histoire vraie. Palpitant. Se termine bien.

Très intéressant de découvrir, en ces temps où l’on parle beaucoup d’abus et de personnes sous influence, pourquoi certains tombent sous l’influence de cet escroc et d’autres non. Où se situe la liberté des personnes ? La fin est d’ailleurs assez révélatrice : à la minute où la personne admet l’idée que peut-être on lui aurait menti, c’est comme, dit-elle, un voile qui tombe, la lumière qui se fait, l’illusion, le mensonge qui apparaissent !

Emmanuelle

 

La fille de la supérette, de Sayaka Murata, Ed. Folio 2018

Eloge des anticonformistes, La fille de la supérette a connu un immense succès au Japon, où il a reçu le prix Akutagawa, équivalent du prix Goncourt.

Sayaka Murata est née en 1979. En écrivant ce roman Konbini – mot japonais qui veut dire une supérette ouverte 24 h sur 24h – elle a connu un succès retentissant auprès des critiques et plus d’un million d’exemplaires ont été vendus. Publiée en 2016, Sayaka a continué de travailler dans son konbini pendant plusieurs mois avant de décider de se consacrer à l’écriture.

L’héroïne, Keiko, est vendeuse ; elle a 36 ans et est célibataire. Voici trois points de sa vie qui sont plutôt hors normes : travailler dans cette petite épicerie n’est pas du tout valorisant, avoir 36 ans et être “vieille fille”, voilà vraiment de quoi interroger la société japonaise.

Enfant déjà, elle était très silencieuse. Sa famille et l’école s’interrogeaient sur sa capacité à s’adapter à la vie sociale. Comme vendeuse elle se veut hyperadaptée en respectant scrupuleusement le manuel de la parfaite vendeuse : porter l’uniforme, respecter toutes les formules de politesse et d’échange avec la clientèle, participer chaque jour aux tâches de mise en valeur des produits du jour et encourager les clients à les acheter. «  Bienvenue chez SmileMart ! – Veuillez m’excuser pour l’attente ! – Merci de votre achat ! » . Elle se sent plutôt satisfaite de son sort.

Evidemment avoir 36 ans et être encore célibataire n’est pas ce qui se fait de mieux au Japon où la femme se doit de se marier et d’être maman au début de l’âge adulte.  « Je sais qu’il est anormal, pour une personne de mon âge, de ne pas être mariée ni d’avoir d’emploi stable » donc elle se justifie avec de bonnes raisons inventées : sa santé est fragile, ses parents souffrants requièrent des soins constants. Son existence va être bousculée par l’arrivée au konbini d’un nouvel employé masculin lui aussi célibataire. Comme ce jeune homme n’est pas très bien en phase avec la société, les relations et les quiproquos vont agiter la vie « rangée » de Keiko et l’auteur s’interroge sur les relations hommes-femmes au Japon, sur ce que doit être une vie dans la norme sociale.

Elle quitte son emploi après 18 ans de présence  «  Le scanner à code-barres, la machine pour passer les commandes, le balai-serpillière, l’alcool à désinfecter, le plumeau que je gardais coincé dans ma ceinture … autant d’ustensiles du quotidien que je ne toucherai plus ». Elle est à la recherche de son identité, de son désir pour sa vie. Que va-t-elle faire maintenant ?…

Elisabeth M.

 

JE LIS, TU LIS, LISONS !!!

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