Bulles d’Art : prenez l’air ! – 7 –

Bulles d’Art

La revue d’Art qui vous fait prendre l’air !

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Coup de projecteur sur un tableau, un objet, un artiste, par des spécialistes de l’art

 

Bulles d’Art 7

Exposition

“les Lumières célestes”

de Marcoville, artiste né en 1939

 

Marcoville, sculpteur de matériaux de récupération, a présenté une installation étonnante dans l’Église Saint-Julien de Tours en 2019. L’artiste travaille le verre depuis une vingtaine d’années et aime créer des jeux de transparence. Souvent il utilise du verre cassé tels des bouts de miroir ou de vitrine qu’il a patiemment récupérés.

Les œuvres présentées à Tours lui ont demandé 5 ans de travail et représentent 1200 m2 de surface de verre industriel. Sa démarche est non seulement le fruit d’une recherche spirituelle mais aussi une réflexion intellectuelle sur la façon de disposer autrement le verre habituellement utilisé pour les vitraux.

 Le visiteur est invité à traverser d’abord une forêt d’arbres ressemblant à des palmiers ou à d’autres arbres exotiques. Certains sont d’ailleurs ornés de fruits jaunes ou bleus… « C’est mon jardin d’Eden » prévient Marcoville, « Je ne sais pas à quoi ressemble le paradis alors j’ai voulu en créer ma propre représentation ». Et on rentre très facilement dans cet imaginaire installé dans un lieu sacré.

Une fois la forêt traversée, plus de 600 anges suspendus en l’air par des câbles volent au- dessus de nous formant un nuage. Chacun d’entre eux pèse 5 à 6 kilos. Tous sont en verre.

Grâce à plusieurs jeux de lumières, leurs ombres sont projetées au sol ou sur les murs. Une évocation poétique de nos anges gardiens : ils nous suivent, nous aident et sont toujours présents même si nous les ignorons ou les oublions.

Au fond de l’église,  30000 petits poissons forment une cascade qui tombe de la voute. Clin d’œil clair à la pêche miraculeuse : nous sommes tous amenés à être des pêcheurs d’hommes. Le souffle de l’air fait tinter ces installations, la lumière joue dans les matériaux et tout devient Vie.

Marcoville a transformé l’espace en sa propre vision : « Alors dans le doute je fais moi-même mon paradis… »

Dans les bas-côtés de l’église une cinquantaine de vierges à l’enfant et deux représentations de sainte Thérèse sont disposées. Toutes différentes et pourtant c’est la même figure avec pour chacune des particularités propres… Le verre domine aussi ici, transparent, dépoli, sablé, gravé, opaque… la lumière joue sur la matière. Ces personnages sont placés tout autour du visiteur comme pour le protéger ou lui montrer que l’on peut vivre « sur la terre comme au ciel ».

Et l’exposition s’achève devant une sculpture, un cercle de verre évidé en son centre. Qu’y voit-on ? Un tabernacle. C’est la rencontre de Dieu parmi nous. Peut-être une réponse à une certaine recherche de Dieu ou de l’au-delà, un manque que nous cherchons à remplir, une conversation intérieure secrète.

Cette installation est unique dans son genre et le défi est réussi. Ces “Lumières célestes” suscitent une telle émotion qu’elles peuvent conduire – et ont conduit – un public qui franchit rarement le porche des églises à vivre une véritable expérience spirituelle.

 

MAPI

 

Un documentaire intitulé « Marcoville-la pêche intérieure » de 26 minutes est accessible gratuitement sur la plateforme VODEUS.

N’hésitez pas !  https://vodeus.tv/video/marcoville-la-peche-interieure-2173

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