Bulles d’Art : prenez l’air ! – 6 –

Bulles d’Art

La revue d’Art qui vous fait prendre l’air !

 

Parce que la beauté évade, élève l’âme et rend le quotidien plus serein, chaque semaine,

Coup de projecteur sur un tableau, un objet, un artiste, par des spécialistes de l’art

 

Bulles d’Art 6

Bruno Boulala

artiste peintre, né en 1971

(autoportrait)

 

Comment vivre le “confinement” lorsque l’on est artiste ? En dessinant !  Chaque jour, Bruno Boulala a profité de son heure de liberté pour “respirer” la forêt, prendre conscience de sensations nouvelles et laisser l’esprit s’ouvrir en grand à un univers imaginaire… Voici en avant-première ses dessins et le texte qui les accompagne.

 

Les élémentaires atouts du printemps

 La beauté devant moi fasse que je marche

La beauté derrière moi fasse que je marche

La beauté au-dessous de moi fasse que je marche

La beauté au-dessus de moi  fasse que je marche

La beauté tout autour de moi fasse que je marche

 

Cet extrait du Kledzé Hatal ou Nuit des Chants des indiens Navajos nous décrit les directions de l’espace qui dessinent l’univers comme le fait la croix à trois dimensions, ou chrisme, dans le symbolisme chrétien.

J’ai éprouvé cela lors de mes marches quotidiennes en cette période dite « de confinement » et de « distanciation sociale »; termes glaciaux et impropres au bon équilibre de nos communautés humaines.

J’apprends donc à connaître le monde lorsque je marche et j’apprends à re-connaître le monde lorsque j’y marche à nouveau, toujours surpris et émerveillé en passant d’innombrables fois au même endroit !

J’ai illustré ces impressions dans un esprit de liberté iconographique où se mêlent des éléments existants de la nature avec des « extensions » facétieuses, les sens en éveil portés par le rythme de lignes, formes, lumières, odeurs et arômes multiples. Stimulé dans mon imaginaire, j’en ai fait des portraits spontanés et libres, tirés de sensations prégnantes. Je me suis d’ailleurs dit en réalisant ces images: «Si tu crois en ce que tu dessines, alors ce que tu dessines est sûrement juste !».

Quand un éclat de lumière dans l’eau m’apporte la lumière du soleil, c’est l’infiniment lointain qui s’offre dans le tout petit élément ici-bas. Du ciel à la terre et de la terre au ciel, la beauté des choses les plus simples se donne à voir, généreuse et subtile, volubile et fragile à la fois.

Ma foi est ancrée dans cette conscience que les petites choses contiennent les plus grandes, animées par une résonance dynamique et perpétuelle.

On m’a demandé de m’éloigner de mes semblables et je me suis paradoxalement rapproché du monde qui m’entoure.

 

Bruno Boulala

 

   

avril-mai 2020

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