Bulles d’Art : prenez l’air ! – 3 –

Bulles d’Art

La revue d’Art qui vous fait prendre l’air !

 

Parce que la beauté évade, élève l’âme et rend le quotidien plus serein, chaque semaine,

Coup de projecteur sur un tableau, un objet, un artiste, par des spécialistes de l’art

 

Bulles d’Art 3

Peter Callesen

Artiste danois, né en 1967

Peter Callesen est un artiste qui ne connaît pas le syndrome de la feuille blanche. Sa matière première est le papier. Entre ses mains, celui-ci se métamorphose à l’infini : personnages, animaux, architecture… en de véritables prouesses techniques de patience et de précision. Savoir-faire ancestral au Danemark, le découpage de Peter Callesen devient art sculptural. Ces œuvres oscillent entre force et fragilité, réalité et rêverie, ombre et lumière, manque et abondance. Elles interrogent sur l’existence et l’identité. Les récits, religieux ou profanes prennent forme, s’inspirent de mythes ou de contes et s’expriment par allégories et symboles.

 

Transparent God 2009/ 350 x 450 x 170 cm

Des personnages pris dans différentes postures sont découpés dans une grande feuille posée au sol. Certains sont encore présents sur leur lieu de création, d’autres sont détachés, indépendants, assemblés et forment un grand personnage central laissé inachevé.

L’artiste explique vouloir évoquer la figure de Dieu comme une communauté d’individus « Or, vous êtes le corps du Christ, chacun de vous est une partie de ce corps » (1 Cor 12,27). Il écrit « Dans mes œuvres, il y a parfois des indications de notre participation à un plus grand contexte, un contexte qui est plus grand que nous-mêmes, mais que peut-être nous pouvons à peine sentir et même ne pas comprendre du tout ».

L’artiste nous interroge : « S’il n’y avait pas d’êtres humains, y aurait-il un Dieu ? ». Peter Callesen aime les questions ouvertes, à chacun sa liberté de réponse. Il offre au regard une œuvre qui se laisse contempler, très poétique, composée d’une multitude de détails qui montrent la disparité des hommes que contient Dieu.

                                                                           

The Short Distance between Image and Truth 2009/ 350 x 450 x 170 cm

Le titre de cette œuvre pose déjà la thématique de la représentation et de la présentation, entre présence et absence de Dieu.

Un personnage plutôt féminin présente un voile où est imprimée la tête d’un personnage barbu. On reconnaît  l’iconographie classique de Sainte Véronique et de la Sainte Face. D’après la légende, Sainte Véronique a essuyé le visage du Christ pendant sa Passion, et recueilli ainsi sur son linge la marque de la Sainte Face.

Ici il existe une illusion optique qui a toute son importance. L’avez-vous remarquée ? Le visage est en réalité formé en négatif dans le papier, en creux, mais notre cerveau reforme de lui-même le visage en positif.

Peter Callesen présente des traces ; le visage du Christ semble flotter. Le sujet est celui des images miraculeuses, ces images non faites de main d’homme. Une réflexion sur la distinction entre les images artificielles et les images véritables.

Peter Callesen est un artiste unique. Il représente à merveille d’étonnants territoires d’explorations. A travers le papier, matériau humble, de couleur blanche immaculée, aidé de ciseaux, de cutter et de colle, il nous transporte dans un monde de poésie, dans des mises en scènes maîtrisées et des sujets religieux ou profanes qui nous touchent profondément. À partir d’un support banalisé, voire anachronique, Callesen réalise un vrai travail d’investigation.

MAPI

 

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