Livres : je lis, tu lis, lisons !!! Rencontre 2

JE LIS, TU LIS, LISONS !!!

Chers Amis,

Puisque le livre est à la fois fenêtre ouverte sur le monde

et chemin d’accès vers l’intérieur, lisons !!! 

 

Nous voici ensemble pour une deuxième rencontre 

Honneur à l’Italie avec deux auteurs,

suivie d’une lecture de Marie-Noëlle Thabut par Elisabeth M.

 

N’hésitez pas, comme Elisabeth M., à proposer d’enrichir la rubrique de vos propres lectures. Comment ?

Un livre vous a plu ? Indiquez-moi le titre, l’auteur, l’éditeur et ajoutez un texte expliquant :

  • roman, essai, biographie, guide, etc. ?
  • résumé, peut-être étayé par une phrase ou deux… 
  • style, rythme…
  • « J’ai aimé » :

Faites-vous plaisir ! Envoyez votre document à Pascale : mediatheque@cedidoc.fr

   La foi n’est pas un bonbon au miel,

Luigi Maria Epicoco,  Ed. Mame

Un livre qui dépoussière nos pratiques ! Qui invite à une vie spirituelle active et renouvelée au quotidien. Dès son avant-propos, Don Epicopo n’y va pas par quatre chemins en citant Georges Bernanos : « Mon garçon, Dieu n’a pas demandé que nous soyons le miel de la terre mais le sel (…). Le sel, sur une peau, est vivant : il brûle, mais il empêche aussi la pourriture ».

Dans un style vif et clair, au fil de quatre chapitres sur la foi, l’espérance, la charité et la liberté intérieure, l’auteur se veut pédagogue en rappelant la direction pour entrer dans le mouvement de l’Esprit-Saint. Il surprend son lecteur autour de phrases-clés décisives :

“Etre un saint, c’est être un héros en demeurant humain malgré la vie. Et pour demeurer humain, être fort et non pas bon. Rusé, et non pas naïf. Décidé, et non pas docile” p.8

“Un cœur de chair souffre, ressent des choses. Il est fragile, vulnérable. Ayons un cœur de chair, même si c’est dangereux ! On ne peut être vraiment heureux avec un cœur de pierre” p.17

Il invite aussi à perdre ses certitudes, “les idolâtries” selon Don Epicopo, à faire place à l’écoute fondée sur le silence. Il définit la vie spirituelle comme  “l’eau du goutte-à-goutte. Plus elle pénètre lentement, plus elle va en profondeur”. Quant à la joie, “elle est la preuve de ce qui vrai”. L’auteur ne fait pas que définir les vertus théologales par ce qu’elles sont mais aussi par ce qu’elles ne sont pas. C’est la grande force de ce livre ! Le lecteur chrétien est ainsi amené à reconsidérer la pratique de sa vie spirituelle même s’il la pensait plutôt conforme à celle du Christ.

“Le renouvellement spirituel n’est pas un changement d’habitude mais un changement du cœur” p.129

“Nous passons des années adossé à des murs, convaincus d’être nécessaires et indispensables. Nous sommes tous précieux et importants, mais nul n’est essentiel, sinon Dieu” p.147

L’épilogue rappelle une évidence : “Le chrétien est d’abord celui qui s’intéresse aux autres”. Oui, c’est par là que la foi commence !

J’ai aimé : l’effet “punching-ball”  du livre qui réanime notre spiritualité en danger d’assoupissement

 

Murmures et échos – choix de poèmes,

de Mario Navaro, Ed. Le Nœud des Miroirs

Introduction et traduction d’Erik Pesenti-Rossi

Publiés en 1941, ces textes du poète Mario Navaro (1868-1944), ont été écrits à diverses époques de sa vie. Dans l’introduction du présent ouvrage, le traducteur évoque le questionnement du poète sur la vie et la mort, le passé et le présent, le sens de l’homme ; des sujets sérieux certes mais toujours posés dans une nature dense et joyeuse, celle de la Ligurie natale, qui éveille les sens :

Soit l’homme est contemplatif de cette nature : “Dans l’air froid subtil / il y a une senteur d’orange / qui pique le cœur ” (Soir d’Hiver), “Une étroite bordure d’herbe / pend sur la mer / avec de rugueux oliviers / branche-d’ argent. ” (Bordure d’herbe)

Soit la nature est source et actrice : “(…) et les roses comme le sang rouges / étonnée la lune les regardera ” (Combien de fois encore)

Soit la nature est en communion avec l’âme : “Où / m’enterreras-tu ? / Oh en plein champ / (…) que prestement je rie et odore /dans les herbes et les fleurs, /… ” (Où)

Il existe une tension chez cet auteur entre :

le sentiment d’être en harmonie avec la nature environnante – exprimée par une sensibilité exacerbée vers les petites choses comme le papillon et le brin d’herbe, et vers les plus vastes éléments tels l’infini du ciel et l’étendue de la mer – ,

et ses interrogations sur la place et le sens de l’homme dans la nature – celui-ci meurt mais la colline, les vagues, les étoiles, ne sont-elles pas permanentes ?

Tel le funambule, le poète oscille sur le fil de sa vie. C’est la nature qui est source d’apaisement, de joie et de retour à l’équilibre :

“Elle rit / la simple vie / de son ample souffle” (Notre vie)

“Simplement chanter, vivre, aimer” (Fous les oiseaux)

“Sans rêve, l’âme peut-elle dormir / (…) Oui elle ou Dieu qui ne peut dormir /dans ta main repose”.

J’ai aimé : La présentation des poèmes en face-à-face italien/français (bien que je ne parle pas l’italien). On dit que la langue italienne chante. La traduction d’Erik Pesenti-Rossi  a gardé le rythme du chant :

“De la roche escarpée

surgissent les sapins

et au ciel fixé

par des branches ramassées. “    (De la roche escarpée)

Pascale Tochon

 

   Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ?, 

Marie-Noëlle THABUT, Ed ARTÈGE Poche

Marie-Noëlle Thabut est une bibliste très qualifiée, et en bonne pédagogue elle met ses connaissances à la portée du chrétien « ordinaire ».

Le livre de Job serait composé de plusieurs éléments et rédigé à des époques différentes : à l’origine une courte fable en prose : « Il était une fois un homme riche et vertueux qui s’appelait Job ». Elle correspond aux chapitres 1 et 2 puis 42, 7-17. Probablement des Xe – IXe s. avant J-C.

La fable circulait au Moyen-Orient. Plus tard des personnages sont introduits. L’Épilogue est lui aussi plus tardif ; le chapitre 28 sur la Sagesse divine serait plutôt du IVe s. avant J-C.

Job, le souffrant, c’est un cri de douleur qui nous concerne tous. Et que dire dans cette période de pandémie qui touche de si nombreux pays. Job, le croyant, rejoint notre questionnement : Dieu est tendresse et fidélité, Dieu est juste, Dieu entend la misère des malheureux,  alors comment peut-il supporter la souffrance des innocents ? La foi n’est pas un baume et le livre de Job n’a rien de lénifiant ! Il est plein de véhémence et Job est bien un croyant écartelé.

La longue marche de Job : il vit cruellement dans sa chair son épreuve ; autour de lui des innocents sont éprouvés. La loi de rétribution (si on souffre, c’est qu’on a péché) est finalement contredite. Il implore alors son Dieu, non seulement de le guérir, mais de l’éclairer. Le voici désormais humble, sans prétention, pauvre de cœur. Et Dieu l’attendait là, il répond à Job. Alors Job « retire sa plainte contre Dieu ». Il met résolument sa confiance en Dieu. En définitive il n’a pas trouvé d’explication mais il a rencontré Quelqu’un. Notre ignorance du mystère du mal et de la souffrance ne nous autorise pas à contester Dieu !

Les messages du livre de Job

  • Gémir, pleurer, prier… ce n’est pas lâche, c’est humain tout simplement. Si notre Dieu est silencieux, Il n’est pas absent.
  • Les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées (Is 55, 8) et dans l’insoutenable, il nous faut croire à la présence de Dieu à nos côtés.
  • L’expérience de Job est un modèle à imiter.

En conclusion, M-N. Thabut nous dit : la morale de cette histoire est que Dieu n’aime pas seulement la douce musique de nos cantiques… Ce qu’il aimerait plus encore, peut-être, c’est que les bien-portants, les sans-problèmes entendent comme lui les cris des malheureux.

Elisabeth M.

 

Je lis, tu lis, nous lisons !!!

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A bientôt !!!