Hommage interreligieux à Samuel Paty

Ce 22 octobre à 19h, le parvis de la cathédrale de Strasbourg a vibré à l’unisson de l’hommage interreligieux, rendu à M. Samuel Paty, cet enseignant qui a été victime d’un attentat terroriste ignoble, le vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. Près de 150 personnes ont bravé la pluie pour lui rendre hommage, en présence notamment de Josiane Chevalier, préfète de la région Grand-Est, et de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg.

Et écouter la voix des représentants religieux qui n’ont cessé de redire combien les religions n’incitent jamais à la guerre, à la violence. « Profondément horrifiés, nous exprimons tout notre soutien à la famille de M. Samuel Paty et au corps enseignant » a indiqué Jean-Luc Liénard, vicaire général du diocèse de Strasbourg.

« Nous, musulmans d’Alsace condamnons cet acte ignoble. Celui qui tue un homme, tue l’humanité. Construisons ensemble cette paix que le monde nous enviera. Luttons ensemble, parlons ensemble. Soyons unis face à l’adversité. Face aux divisions, nous imposerons notre unité » a insisté Eyup Sahin, président du Conseil régional du culte musulman d’Alsace.

Quant à Harold Avraham Weill, Grand Rabbin de Strasbourg et du Bas-Rhin : il a posé les questions suivantes : « Avons-nous été capables d’accompagner Samuel Paty dans sa mission ? Avons-nous fait suffisamment ? Que sa mémoire soit bénie !».

Christian Albecker, président de l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine a rappelé l’importance des cours d’enseignement du fait religieux à l’école comme antidote aux fanatismes religieux. Il a conclu avec ses paroles du pasteur Martin Luther King : « L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité ; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut. »

Enfin Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, a cité des extraits de Fratelli Tutti, l’Encylique du pape François sur la fraternité et l’amitié sociale où il s’inspire de François d’Assise, précurseur du dialogue interreligieux qui a visité le sultan Malik El-Kamil, en pleine croisade. « Je livre cette encyclique sociale comme une modeste contribution à la réflexion pour que, face aux manières diverses et actuelles d’éliminer ou d’ignorer les autres, nous soyons capables de réagir par un nouveau rêve de fraternité et d’amitié sociale qui ne se cantonne pas aux mots. Rêvons en tant qu’une seule et même humanité, comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères). »
Hommage interreligieux à Samuel Paty