Mgr Ravel : Déplorer ne suffit plus, il faut combattre.

Un nouvel acte antisémite caractérisé s’est déroulé à Strasbourg ce vendredi 28 août 2020. Isolé, il serait déjà terrible. Superposé à la suite incessante de tels actes en France ou en Alsace, il devient terrifiant.

Terrifiant parce qu’il désigne sans conteste un antisémitisme de fond qui dure, qui s’installe, qui résiste à la mémoire de la Shoah (quand il ne la conteste pas par le négationnisme).

Terrifiant aussi parce qu’on le traite parfois comme un fait divers parmi les autres, comme s’il était quasi normal, comme s’il fallait faire avec, comme s’il suffisait de s’y habituer.

Un grand souci naît dans mon cœur devant la répétition des actes mais aussi devant l’inconscience de ceux qui ne les commettraient pas mais qui ne s’insurgent pas contre eux. Leur silence les cautionne, leur indifférence les nourrit. L’histoire de notre Alsace est trop lourde sur ce sujet pour qu’on puisse se permettre d’atermoyer et d’enregistrer le fait en espérant que les choses se calment.

Le cœur humain n’est pas moins atteint par ces actes que la Terre par les pollutions. La glaciation des esprits nous fait courir autant de risques que le réchauffement de la planète. Il nous faut combattre ces deux dérives simultanément.

J’ajoute que, dans la conscience d’un chrétien, non seulement l’antisémitisme mais aussi l’indifférence à son égard sont une grave faute morale.  Ce sont une lourde atteinte à notre foi : faut-il rappeler que Jésus-Christ était juif ainsi que sa mère et ses premiers disciples ? Aucune zone de tolérance n’est admissible sur ce sujet au sein de l’Église catholique.

Que faire ? Que faire séparément, que faire collectivement ?

Dans quelques mois sera dévoilé en entier le transept sud de la Cathédrale de Strasbourg et apparaîtront magnifiquement restaurées les deux statues célébrissimes de la Synagogue voilée et de l’Église dévoilée.

L’occasion nous est donnée de marquer le coup par un signe fort en affirmant que les interprétations d’un siècle ne sont plus celles d’aujourd’hui.

Communiqué de Mgr Ravel 28.08.2020