Communiqué de Mgr Luc Ravel – 29 avril 2020

Suite aux déclarations du premier Ministre et au vote de l’Assemblée Nationale du 28 avril.

Je m’associe intégralement sur le fond et dans les termes à la déclaration du conseil permanent de l’épiscopat de ce même jour qui formulait tout à la fois notre regret de responsable religieux et notre obéissance de citoyen français.

Certains évêques se sont exprimés à titre individuel pour manifester plus fortement leur incompréhension devant une décision centralisée qui leur semble injuste au regard de l’importance du religieux dans la vie d’un homme (surtout dans la souffrance) ainsi qu’au regard de nos capacités réelles à tenir des assemblées parfaitement respectueuses des gestes barrières, notamment ceux déjà mis en pratique dans les commerces et bientôt dans les médiathèques. Je consonne à leurs arguments.

Néanmoins, notre Alsace avec ses deux départements et ses 980 communes vit encore une secousse d’une violence que ne connaissent pas d’autres régions de France. Elle a manifesté à travers ses soignants, ses commerçants et ses autorités politiques une résilience qui ne m’étonne pas, au vue de l’histoire, mais qui fait mon admiration, au vu de leurs résultats.

Aussi, je recommande à nos chrétiens, prêtres en tête, cette même obéissance intelligente et responsable que nous avons mise en œuvre au début du confinement en Alsace.

Elle implique de rester au plus près du Droit, sans le durcir, et de faire tout ce qui est légalement permis pour soutenir les catholiques dans leur foi. En particulier, je recommande vivement l’ouverture des églises.

Elle implique d’entrer en contact suivi et confiant avec les maires et les autorités sanitaires pour préparer localement un déconfinement qui commence par le service des plus pauvres et des plus fragiles. Je reste pour ma part en lien régulier avec nos deux préfets.

Elle implique de préparer avec les membres déjà actifs de nos communautés les trois phases successives : jusqu’au 2 juin ; entre le 2 juin et la mi-juillet ; après la mi-juillet.

Ces prochains mois ont été prévus de grands rassemblements. La Fête-Dieu, le 14 juin, avec ses processions formidables, les pèlerinages, le 15 août par exemple etc.

Mais aussi nos fêtes familiales comme les mariages et les baptêmes. Reporter n’est pas toujours la bonne solution dans l’ignorance totale de l’avenir. Il faut discerner au mieux des besoins réels et des possibilités offertes.

Si nous œuvrons ensemble sans mépris et sans oubli, en tenant compte de toutes les forces mais aussi de tous les besoins, nous en sortirons par le haut en n’oubliant aucun de nos morts et aucun de nos héroïsmes.

+ Luc Ravel, 29 avril 2020

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