Incendie à Notre-Dame de Paris

Monseigneur RAVEL a souhaité, pour marquer la solidarité avec le diocèse de Paris et la commune espérance, que

les cloches de toutes les églises du diocèse d’Alsace sonneront mercredi 17 avril à 18h50,
heure du début de l’incendie à Notre-Dame.

Au même moment sonneront les cloches de toutes les cathédrales de France.

Les images incroyables de Notre Dame de Paris en feu ont bouleversé le monde entier. L’église qui est en Alsace vit ce moment à l’unisson de son église sœur de Paris : une émotion indicible nous pénètre aux bords de l’inimaginable. De la surprise presque incrédule, je suis passé à l’accablement fataliste, submergé par une tristesse incroyable. Maintenant, je pleure avec Paris, avec la France, avec le monde.

La perte artistique est certainement considérable. Il faut attendre le bilan pour en connaître l’ampleur. Ces trésors valent plus que de l’or : ils portent une piété de dix siècles. Ceux qui sont perdus le sont à jamais.

Mais la blessure symbolique se mesure déjà : elle frappe au cœur d’un bâtiment qui concentre l’histoire de la France mais aussi de l’histoire de notre Eglise catholique. Notre Dame décapitée, c’est l’Eglise dans sa grande douleur. Déjà endommagée par les révélations terribles concernant des abus sexuels, déjà accablée par des silences de mort, l’Eglise  accueille ce nouveau coup comme une ultime déchirure.

Mais en cette semaine de Pâques, nous savons qu’après la mort, il y a la Résurrection.

Déjà, de toutes parts, les hommes se mobilisent pour reconstruire. Pour prendre à contre-pied les fatalités de l’histoire. Notre Dame de Paris en sortira, par le haut, plus belle encore car elle aura rassemblé autour d’elle des milliers de cœurs bienveillants.

+ Luc RAVEL, Archevêque de Strasbourg

La collecte de fonds en faveur de la cathédrale Notre Dame de Paris

L’incendie qui a ravagé la Cathédrale Notre-Dame de Paris ce lundi 15 avril suscite une émotion mondiale, beaucoup de sympathie et d’encouragements.

Les dégâts sont considérables, certaines pertes irrémédiables. Il va falloir rassembler toutes les énergies, publiques et privées, pour reconstruire et sauvegarder la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, Président de la Fondation Notre Dame, propose à tous ceux qui veulent joindre leur participation à l’effort de reconstruction d’apporter leur concours au Fonds Notre-Dame de Paris.

Il est abrité par la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris, sous égide de la Fondation Notre Dame, reconnue d’utilité publique. La vocation de cette Fondation est d’aider les propriétaires, Ville de Paris ou Etat/Ministère de la Culture, à mobiliser des donateurs privés (particuliers et entreprises) pour restaurer les églises historiques de Paris.

Par convention signée avec l’Etat en mai 2017, la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris a ouvert un fonds dédié afin d’accélérer les travaux de restauration de la cathédrale. L’Etat s’est engagé à abonder chaque euro collecté, à hauteur de 2 millions par an.

Par ailleurs, créée par le Diocèse de Paris et la Fondation Notre Dame, Friends of Notre-Dame de Paris, fondation de droit américain, recueille des fonds dans plusieurs villes aux Etats-Unis pour l’édifice religieux.

Une première collecte de trois millions d’euros avait déjà été réunie, avant l’incendie. Ce mécénat avait permis d’enclencher la restauration d’un arc-boutant, ainsi que des seize statues entourant la flèche (12 apôtres et 4 symboles des évangélistes).

Contacts

  • Gabrielle de la Boulaye, responsable du mécénat – Fondation Avenir du Patrimoine à Paris, sous égide de la Fondation Notre Dame • 06 84 08 48 19 – gdelaboulaye@fondationavenirpatrimoineparis.fr
  • Christophe Rousselot, délégué général de la Fondation Notre Dame • crousselot@fondationnotredame.fr – 06 08 04 90 02
  • Michel Picaud, président de la Fondation Friends of Notre Dame de Paris • m.picaud@notredamedeparis.fr – 06 16 15 63 50

Sauvons notre Patrimoine !

Collecte nationale pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris

La Fondation Notre Dame lance ce 16 avril une coordination internationale pour la collecte de dons. Elle recommande la prudence face aux collectes privées françaises ou étrangères multiples qui ont surgi concomitamment à l’évènement (plateformes, cagnottes, etc.).

L’ensemble de ce dispositif vise à permettre aux flux de dons d’atteindre leur objectif qui est de restaurer la cathédrale, en parfaite coordination avec les pouvoirs publics.

Aucun frais ne sera prélevé. Tous les dons donneront lieu à l’émission d’un reçu fiscal.

Réaction sur France Bleu Alsace de Bernard Xibaut, chancelier de l’archevêché à Strasbourg, après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris ce lundi 15 avril.

La Fondation du patrimoine, organisme privé qui œuvre pour la sauvegarde du patrimoine français, a annoncé l’ouverture d’une grande contribution nationale dès ce mardi 16 avril, au lendemain de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

A 22h, lundi soir, les cloches de l’église Saint-Maurice de Strasbourg ont sonné. Elles ont accompagné la traditionnelle Zehnerglock de la cathédrale. D’autres églises en ville ont sans doute sonné aussi pour dire toute la tragédie que représente, en pleine semaine Sainte, l’incendie de Notre-Dame de Paris. Un drame pour la communauté des croyants, un drame aussi pour le patrimoine et pour l’histoire.

Michel Steinmetz a le cœur lourd. Le curé de Saint-Maurice n’a pas hésité un seul instant à faire tonner le bourdon de l’église dont il a la charge dans le ciel strasbourgeois. Relayant ainsi en Alsace l’appel lancé par l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, de faire sonner les cloches de la capitale.

« Pour moi, c’est une consternation », confie-t-il, très affecté après avoir visionné les images de l’incendie parisien. « Mes meilleurs amis font partie du staff de Notre-Dame de Paris. Je les ai eus au téléphone. Ils m’ont dit qu’aujourd’hui est le jour où leur vie a basculé… »

Michel Steinmetz, en plus de sa charge de curé de Saint-Maurice, est aussi cérémoniaire de l’archevêque, Mgr Luc Ravel. Il est surtout le directeur diocésain pour la liturgie et la musique. C’est un homme d’art, un homme de culture. Et le grand orgue de Notre-Dame de Paris ne lui est pas inconnu. Il a souvent eu l’occasion de le faire résonner sous les voûtes de la cathédrale qui est en flammes ce soir.

« J’ai travaillé à la maîtrise de Notre-Dame de Paris, je connais l’édifice depuis que j’y ai fait mes études. J’ai vu les images et j’ai annulé ce que j’avais prévu ce soir… », se désole-t-il. Ses amis parisiens, eux, n’arrivent pas à visionner ces images. C’est trop dur, trop douloureux. « Ils pensent qu’il n’y a plus d’orgue. Il faudra voir demain matin… » Le curé de Saint-Maurice s’inquiète aussi pour les cérémonies de la semaine Sainte. Ainsi, la cathédrale de Strasbourg accueille mercredi soir la messe christmale. Comment ces offices pourront-ils avoir lieu à Paris? Faudra-t-il les délocaliser dans un autre édifice cultuel, comme Saint-Sulpice? Car la vie liturgique doit continuer, malgré l’incendie.

« Cet incendie aura un impact sur la France entière, et pour tous les catholiques. Depuis l’an 850, il n’y a pas eu un seul incendie à Notre-Dame de Paris! On est dans un emblème national! », lâche Michel Steinmetz. Avant de retourner, le cœur toujours plus lourd, devant les images télévisées de cet incendie qui dévaste Notre-Dame de Paris.

(article DNA 16/04/2019)

Incendie à Notre-Dame de Paris: « Ce que les Strasbourgeois ont vécu en 1870 »

« C’est une perte irréparable, ça m’attriste! », commente Bernard Xibaut, chancelier de l’archevêché de Strasbourg. L’incendie en cours à Notre-Dame de Paris marque forcément tous ceux qui gravitent autour de la cathédrale de Strasbourg… « Il y a trois jours, je suis tombé sur un reportage qui montrait les travaux de rénovation de la flèche de Notre-Dame de Paris, ajoute Bernard Xibaut. Ils montraient les entrailles de la charpente, et certains éléments qui datent du Moyen Age! »

Des éléments qui sont en train de partir en fumée… Comme, en 1870, lors des bombardements de Strasbourg: la toiture de la cathédrale de la capitale alsacienne avait elle aussi été la proie des flammes. A l’époque, c’était aussi une charpente d’une valeur inestimable qui était partie en fumée. « Il faut bien expliquer que ce que vivent ce soir les Parisiens, les Strasbourgeois l’ont vécu en 1870, insiste Bernard Xibaut. Mais la situation était encore plus désastreuse: c’était la guerre! »

Pendant la guerre de 1870, le conflit franco-prussien, les projectiles mirent le feu aux toitures de la nef et du chœur. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, les Strasbourgeois virent cet épouvantable incendie: sur 60 mètres de longueur, 15 mètres de large, 600 stères de bois furent détruites. La flèche fut également endommagée…

(article DNA 15/04/2019)

« Nous sommes deux cathédrales inscrites au patrimoine mondial de l’humanité. Ce sont des symboles que nous partageons. »

Dès lundi soir, au moment où les flammes ravagent Notre-Dame de Paris, Alain Fontanel, adjoint au maire de Strasbourg en charge de la culture, a fait connaître « la solidarité » et le soutien de la fondation de l’Œuvre Notre-Dame, qui s’occupe de la cathédrale de Strasbourg.

« J’ai immédiatement saisi les cadres de l’Œuvre Notre-Dame, pour que nous nous tenions mobilisés le moment venu pour participer à la reconstruction de Notre-Dame de Paris, de sa flèche, de ses vitraux », explique Alain Fontanel.

L’incendie de la cathédrale parisienne réveille le souvenir douloureux de l’incendie de la cathédrale de Strasbourg en 1870, suite à un bombardement. « Cela avait été désastreux, poursuit Alain Fontanel. La fondation de l’Œuvre Notre-Dame avait mené un gros travail de rénovation, elle a cette expérience. Le savoir-faire des tailleurs de pierre de la fondation est au service de Notre-Dame de Paris. »

(article France Bleu 16/04/2019)