Leur Souffle, un film unique de Cécile Besnault

Mercredi 20 mars sort à l’UGC Strasbourg, un film exceptionnel réalisée par Cécile Besnault qui après avoir fait l’Ecole supérieure Louis Lumière, un des plus prestigieuses écoles de cinéma, a fait le choix de s’engager dans la vie monacale.

Son film nous invite à vivre une expérience inédite au cœur de l’univers d’une abbaye bénédictine.

Synopsis

Au milieu des paysages chers à Cézanne, Sœur Bénédicte va faire ses vœux perpétuels. Elle s’apprête à vivre cloîtrée dans une abbaye bénédictine surplombant la vallée de la Durance, à Jouques. Avec d’autres sœurs, elle consacrera ses journées au travail et à la prière. Cécile Besnault et Ivan Marchika nous invitent à vivre une expérience inédite, sans jugement ni parti pris.

Le film s’ouvre sur un écran noir où le murmure d’une femme fait l’éloge des coquillages, et du chant qui s’échappe de la coquille, à qui veut bien l’entendre. C’est la réalisatrice elle-même, Cécile Besnault, peut-être Sœur Bénédicte.

Une jeune-femme, tout sourire, lumineuse, prête serment devant un prêtre et endosse le voile noir, si caractéristique des religieuses.

Le spectateur assiste à la consécration de cette jeune-femme, très belle.

Sa famille est présente pour la soutenir, jusqu’au moment où la lourde porte de bois du monastère se referme sur le monde profane.

Si ses proches vont la perdre de vue, la caméra de Cécile Besnault et Ivan Marchika prend le relais.

Leur souffle est une expérience rare dans l’univers mystérieux et fascinant des religieuses.

Elles ont tous les âges, elles parlent toutes les langues du monde, certaines d’entre elles sont handicapées ou très âgées, d’autres paraissent profondément tristes, d’autres encore ont un sourire béat, planté sur le visage.

Bref, avant d’être dans un monastère, nous sommes au cœur d’une communauté humaine.

La caméra, très respectueuse, regarde ces femmes travailler les vignes, préparer les repas, réparer des moteurs, couper des arbres ou sculpter le bois. Elle les regarde surtout prier et chanter, sans voyeurisme aucun.

On comprend d’ailleurs, au fur et à mesure de la narration, que les religieuses qui se prêtent au tournage, font un véritable don d’elles-mêmes, avec la grâce et la générosité qui les caractérisent.

Chaque moment est caustique, jusqu’à cette scène incroyable où on les voit jouer à la Balle et aux prisonniers, dans un tourbillon de rires.

La parole est rare. Elle est remplacée par les chants religieux.

Ce documentaire original traite de manière absolument incroyable le son et la photographie.

L’image capte des bruits de plancher, des souffles de voix, le silence même de ces femmes qui prient devient bruyant et lumineux, au point d’ailleurs, que l’on ne sait plus parfois si les sons qui nous parviennent, émanent de la salle de cinéma ou du monastère.

La photographie, elle, joue avec les flous et les couleurs. La caméra choisit les plans fixes, par souci de discrétion, mais aussi pour laisser la spiritualité affleurer au milieu de ces paysages de Provence, de toute beauté.

Paradoxalement, alors que le thème du film est celui de l’enfermement monastique, les fenêtres sont partout dans ces lieux. Le soleil irradie les visages, les murs, et le spectateur s’abandonne soudain à une forme délicieuse de rêverie.

Une magnifique invitation durant ce temps de Carême pour aller au cinéma rencontrer Dieu.

Voici les horaires à l’UGC Strasbourg :

  • Mercredi, vendredi dimanche, mardi, à 10h45, 16h45 et 19h25
  • Jeudi, Samedi, lundi à 10h45, 14h00 et 19h25

Allez-y de toute urgence, ce magnifique travail mérite d’être soutenu et ce sont les premiers de résultat public qui font le succès d’un film.

Leur Souffle est assuré d’être à l’affiche de l’UGC pendant deux semaines.