Détecter les signes de l’Esprit

édito de Marc LarchetQuand notre archevêque, Mgr Luc Ravel, a souhaité que soit comptabilisé le nombre de pratiquants à la messe dominicale dans notre diocèse, l’idée a surpris, voire créé un peu de désarroi.

L’opération comptage du mois de mars, sur deux week-ends, s’est bien passée, tout le monde a joué le jeu et l’amorce d’une pratique est née. En effet, chaque année, les paroisses procèderont à cette opération, pour avoir un suivi comparatif, avec le désir d’affiner les statistiques, en particulier en recensant le nombre de jeunes de 16 à 30 ans présents à la messe.

Et pour avoir une approche plus fine de l’évolution des pratiques, un comptage sera opéré à Noël prochain, une des grandes fêtes qui remplit nos églises.

L’appréciation des résultats appelle inévitablement au débat. Au-delà de la réalité des chiffres, l’analyse est à discuter. Le recensement effectué montre que 5 % de la population, à même de pratiquer, se rend régulièrement dans sa paroisse pour vivre en communauté l’écoute de la parole de Dieu puis la célébration eucharistique.

Puisque les chiffres appellent à comparaison, la réalité alsacienne montre une pratique plus importante que la moyenne française qui est de 2%.

L’Alsace semble mieux résister à l’érosion constante constatée au fil des années. Il est cependant indéniable que la baisse reste massive, avec une présence très restreinte des jeunes générations d’adultes.

L’effondrement est particulièrement significatif dans les secteurs ruraux. En 1982, les données transmises lors de la visite ad limina mentionnaient jusqu’à 80% de pratique dominicale dans nos villages.

J’entends les habitants de ces régions réagir, avec tristesse pour les plus anciens : « C’est normal, nous n’avons plus de messe dans notre église, parce qu’il n’y a plus assez de prêtres ! » Et que dire de la disparition de la présence religieuse dans nos communes.

Jusqu’à la fin des années 60, chaque village avait « sa » religieuse, connue de tous, qui oeuvrait soit dans l’enseignement, soit dans la santé.

Comment apprécier la formidable vitalité missionnaire de l’Alsace du XIXe siècle et du début du XXe, époque durant laquelle près de 40% des missionnaires dans le monde étaient Alsaciens.

Dieu n’appelle-t-il plus ?

Les temps ont changé et la présence de l’Église catholique en Alsace ne sera plus jamais comme elle a été. Rester nostalgique d’une époque révolue ne sert à rien, s’apitoyer sur le bon vieux temps non plus. Et des signes de renouveau sont réels.

Le nombre de laïcs engagés au service de la communauté paroissiale et/ou au service de la diaconie n’a cessé d’augmenter, même si la question du renouvellement est posée. Le nombre de jeunes servants d’autel croît, le scoutisme est toujours attrayant, les écoles catholiques attirent sans cesse plus de familles, l’appel au diaconat permanent est dynamique, le nombre de coopérateurs laïcs est de 250 alors qu’ils n’existaient pas en 1970.

« Un monde nouveau se dessine, l’Église a à y trouver sa place », précise Mgr Ravel, en analysant les résultats statistiques et il ajoute : « Nous avons à apprendre à lire les chiffres au regard des signes de l’Esprit Saint présents dans le jardin de l’Église. »

Si, en ce début de période estivale qui rime avec vacances, nous prenions le temps de laisser monter en nous le désir de vivre notre réalité de baptisés !

Le Seigneur nous appelle, ouvrons-lui notre porte intérieure, acceptons qu’il nous guide. Il vient nous chercher et nous accompagner pour oeuvrer, chacun avec son talent, à la vitalité de l’Église pour servir le monde et témoigner de l’amour infini de Dieu notre Père.

Bonnes vacances, que l’Esprit de Dieu soit avec vous !