L’aurore du tréfonds, une aventure spirituelle à l’écran

Professeur de théologie, Fabrice Blée a réalisé le film « L’Aurore du tréfonds », inspiré de l’histoire d’Henri Le Saux (1910-1973), ce moine bénédictin breton qui a fait progresser le dialogue entre le christianisme et l’hindouisme.

Son film passera au cinéma Star Saint-Exupéry à Strasbourg le vendredi 15 juin à 20h lors d’une projection exceptionnelle. La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur venu spécialement du Canada.

Fabrice Blée explique sa démarche de réalisateur.

 

L’idée de faire ce film repose sur une double conviction.

D’abord, la vie et le message d’Henri Le Saux sont encore à découvrir, offrant une source d’inspiration pour une spiritualité capable de répondre aux défis du siècle présent. Ensuite, le cinéma est un médium propice à un approfondissement spirituel et théologique.

En plus de rejoindre un vaste public, cela permet de traiter de questions concernant la relation au sacré en sollicitant une dimension plus intuitive et poétique de l’intelligence humaine. 

Récit d’un éveil spirituel

Aussi n’ai-je pas voulu faire un documentaire au sens classique du terme, c’est-à-dire retracer la vie du moine breton de façon chronologique et descriptive.

Mon intention était plutôt de mettre en lumière le récit d’un éveil au Réel, de nous faire entrer un tant soit peu dans l’expérience spirituelle de Le Saux.

Cette expérience, il en a rendu compte notamment à partir de la notion d’advaita (non dualité) qui, pour lui, est le « rappel exigeant que Dieu ne peut jamais rentrer dans nos concepts ». Si la relation à Dieu est de l’ordre de l’indicible, elle n’en est pas moins source de paix et de joie véritables.

Cette recherche de paix et de joie est à l’origine de la volonté de Le Saux de se simplifier toujours davantage dans la Présence aimante.

J’ai voulu mettre en image ce désir pour le spirituel, pour cet espace de plénitude, accessible à tous et dont il est pourtant facile de perdre la trace.

D’où l’importance des témoins

Les témoins nous rappellent comment accéder à cet espace. Le Saux compte parmi eux. Après avoir vécu 19 ans à l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan en Bretagne, il part en Inde du Sud en 1948 pour implanter le meilleur de la vie monastique, il a 38 ans.

En 1950, il co-fonde, avec Jules Monchanin l’ashram du Saccidananda, la première fondation catholique du genre, à Shantivanam, près de Kulitalai au Tamil Nadu.

Dans cet effort d’inculturation, il se laisse toucher par le cœur spirituel du pays. Ainsi, il rencontre Ramana Maharshi, l’un des plus grands sages de son temps, au pied de la montagne sacrée d’Arunâchala.

L’impact est tel que les plans du bénédictin en sont bouleversés à jamais. Au cœur de la présence mystérieuse de la montagne et de son sage commence une aventure intérieure qui le conduira à la découverte du graal, le grand éveil, peu avant sa mort.

Le Saux termine sa vie comme ermite au pied de l’Himalaya. Il écrit :

« J’ai beau aimer le Gange mais Arunachala est pour moi un lieu de naissance. »

Le film invite à découvrir ce qu’a été cette naissance, cet événement qui a bouleversé sa vie et qui peut faire écho dans l’expérience de tout un chacun.

Fabrice Blée

Séance spéciale le vendredi 15 juin à 20h au cinéma Star Saint-Exupéry, 18, rue du 22 novembre à Strasbourg.

Tarif unique : 5 euros.

Cette rencontre exceptionnelle avec Fabrice Blée autour de son film est organisée dans le cadre du « Rendez-vous avec les religions » qui se tiendra le dimanche 17 juin à partir de 12h place du Marché Neuf, toujours à Strasbourg. Fabrice Blée animera un atelier durant l’après-midi.