Que la Paix soit avec toi

édito de Marc Larchet » Que la paix soit avec toi « , avec cette invitation  à partager et à transmettre, je vous souhaite au nom de toute l’équipe de Carrefours d’Alsace une bonne année 2018.

Ces mots magnifiques sont un appel, une manière bienveillante de rentrer en relation, le signe de l’attention et de l’intérêt que je porte à celle ou à celui à que je m’adresse. Ils vont au-delà du simple, mais ô combien important, bonjour ; ils suscitent un déplacement pour offrir et accueillir.

Ils sont aussi, pour nous chrétiens, le rappel, toujours d’actualité, d’un don de Dieu transmis par Jésus-Christ aux apôtres puis à tous ses disciples dont nous sommes, en tant que baptisés : « Je vous laisse
la paix, je vous donne ma paix. »

Ce don offert à toute l’humanité est Bonne Nouvelle, il nous appelle à nous reconnaître frères et soeurs dans le Seigneur, c’est-à-dire fils et filles d’un seul Père, que nous nommons Dieu, fou d’amour et de tendresse.

Il nous engage, comme fils ou fille unique, à reconnaître dans l’autre, avec son histoire singulière, le compagnon de route avec lequel nous allons construire pierre après pierre, rencontre après rencontre, cette paix dont nous sommes dépositaires et créateurs.

Être appelé et appeler, est mon deuxième vœu pour 2018.

Lors d’un chaleureux dialogue avec Étienne, un ami diacre bien connu sur la place de Strasbourg, il m’a partagé, avec émotion, les fruits d’un appel.

Il y a une dizaine d’années, lors d’une messe de la Saint-Hubert, il est touché par la manière dont un homme vêtu en compagnon de Saint-Hubert lisait la Parole de Dieu. « Je le sentais habité par une force qui m’a touché », se rappelle Étienne qui va prendre un peu de temps avec lui à la fin de la célébration. « Je ne le connaissais pas mais j’ai senti en moi la nécessité de lui demander : ‘N’avez-vous pas pensé à devenir diacre ?’

Il m’a répondu ‘non’ et je me suis retrouvé un peu gêné par cette audace. »

L’an dernier, Étienne reçoit des nouvelles de cet homme et une invitation à son ordination diaconale à Versailles.

« Je ne peux encore aujourd’hui cacher mon émotion et ma joie au regard du chemin parcouru par celui qui est devenu un ami et un frère.

Ma question a-t-elle été cette petite graine qui a ensuite germée au souffle de l’Esprit de Dieu » ?

Durant la période de l’Avent, des étudiants et des jeunes pros, ont vécu une expérience missionnaire d’évangélisation de rue à Strasbourg, Aventio : moins de marché plus de Noël.

Ophélie, qui participe depuis plusieurs années à cette opération, témoigne : « Nous allons à la rencontre des passants, comme des pauvres, des mendiants de la rencontre.

On débarque dans leur vie de manière directe et beaucoup ne s’arrêtent pas et continuent leur chemin. Mais quand librement un passant s’arrête, nous nous présentons en lui proposant de lui offrir une Bonne Nouvelle.

Finalement nous parlons peu, avant tout nous l’écoutons. Nous n’avons pas l’ambition de convertir, la conversion appartient à celui que nous rencontrons, nous tentons juste de lui révéler le désir que Dieu a
pour lui. »

Ne pas hésiter à appeler, au-delà de nos peurs ou de nos paresses, dans le respect de la liberté de l’autre.

L’appeler c’est le prendre en considération, reconnaître sa richesse. Ne repartons-nous pas nous-mêmes fortifiés quand, à certains moments de nos vies, nous avons été appelés ?

Être appelé n’engage pas une réponse positive mais ouvre une réflexion personnelle, c’est là que Dieu nous rejoint pour éclairer notre choix.

Nous sommes libres de dire non, nous devons même avoir le courage de dire non si, après discernement, nous sentons que cet appel ne nous ouvre pas à de nouvelles forces de vie.

Alors, chiche, chacun à notre place, suivant nos possibilités, soyons en 2018 des appelants pour dynamiser la vie, acceptons aussi d’entendre librement mais avec exigence les appels qui nous sont faits.

Bonne année !