Retour sur la rencontre européenne de Taizé

Du 28 décembre au 1er janvier 2018, la ville de Bâle a accueilli, pour la première fois, la rencontre européenne de jeunes, animée par la communauté de Taizé à la fin de chaque année. Après Bruxelles, Varsovie, Lisbonne, Berlin, Rome, Barcelone, Paris et bien d’autres villes encore, c’est Bâle qui a été choisie cette année.

13 jeunes et adultes du Mej de Cernay et de la zone pastorale Thur-Doller sont partis rejoindre la rencontre européenne de Taizé à Bâle pendant fa journée du vendredi 29 Décembre. Pour la plupart c’était une découverte enrichissante, saisissante.

Voici quelques témoignages

Violette et Gwennaelle (14-15 ans)

« Ce qui nous a impressionné, c’est qu’il y ait autant de jeunes de 18 à 35 ans ! Nous sommes venus de tous les horizons, des quatre coins du monde et quelque chose, quelqu’un nous rassemblait …. c’est DIEU.

Dès notre arrivée sur le quai à la gare de Saint Louis, une centaine de jeunes ont entonné l’Alléluia au son du djembé. Le moment que nous avons bien aimé c’était quand on a prié avec des jeunes espagnols et leur prêtre de 28 ans le Notre Père en se donnant la main dans le tram entre Saint-Louis et Bâle. »

A notre arrivée au centre de la ville de Bâle. nous avons rejoint la Cathédrale pour le temps de prière de 13h00. Une maman accompagnatrice de Moosch s’exclame stupéfaite : « je ne fais jamais la queue pour rentrer à l’église !… pour en fin de compte devoir rejoindre une autre église car la Cathédrale était ce jour-là trop petite !

Clément Leobel (jeune assomptionniste)

Marie-Christine (Accompagnatrice)

« Cette journée a été un grand moment de joie partagée avec beaucoup de jeunes de nationalités différentes. Partage chanté dans le tram et aux moments de prières mais aussi dans le silence de fa prière du soir au stade St Jakob-Arena. Un stade plein, des gradins complets de jeunes en silence, Wouah, c’est émouvant ! »

Agathe (Accompagnatrice)

« Une rencontre avec une jeune volontaire de Taizé dans le tram m’a beaucoup touché et interpellé. Cécile, jeune architecte diplômée depuis juin dernier, a rejoint Taizé en juillet dernier pour vivre une expérience de vie communautaire pendant 3 semaines … 6 mois après elle y est toujours encore … Elle est heureuse de vivre la simplicité et le partage.

Elle est nourrie par la prière, la parole de Dieu et est aussi accompagnée deux fois par semaine par une des soeurs de St André qui sont à Taizé. Cécile rayonnait d’une joie profonde et envisageait son avenir avec sérénité et confiance.

Elle a été pour moi un vrai témoin de la présence et de l’action de Dieu.

Avant de nous quitter, je découvre qu’elle était une méjiste engagée depuis l’âge de 7ans … quel sacré clin Dieu !

Valérie (Accompagnatrice)

« Six milliards de gens sur terre qui cherchent une lumière … Qu’une ville se vive avec cette belle jeunesse de toutes parts. croyez-vous vraiment qu’il n’y a pas d’avenir?

Une soif profonde reste intacte au fond des coeurs et ces frères de Taizé sont d’une vitalité de foi dans le monde !

Une réflexion sur la joie, une joie qui ne s’épuise jamais est au coeur de ce pèlerinage de confiance et tout au long de l’année 2018 pour la communauté de Taizé.

 

« Esprit Saint, ne permets pas que nos coeurs se troublent, rassure-nous dans nos obscurités, accorde-nous la joie, et nous attendrons dans le silence et la paix que se lève sur nous une lumière d’Évangile » (Extrait de la Prière du Frère Roger)

Frère Alois, Bâle, dimanche soir 31 décembre 2017

Nous venons d’entendre Jésus affirmer dans l’Évangile qu’il est le bon berger, qu’il a d’autres brebis, et qu’il n’y aura qu’un seul troupeau avec un seul berger. Il est venu sur la terre non pas pour un petit groupe seulement mais pour réunir toute la famille humaine. De là vient notre espérance de paix dans l’humanité. C’est avec grande espérance que ce soir nous prierons pour la paix.

Il est vrai que la paix est menacée et je voudrais rappeler deux des défis majeurs auxquels est aujourd’hui confrontée la famille humaine.

Le premier est celui que nous lancent ces multitudes d’hommes, de femmes, d’enfants, qui partout sur la terre sont contraints de quitter leur lieu d’origine. Les raisons qui les poussent à partir sont diverses : cela peut être la guerre et l’insécurité, cela peut être la pauvreté extrême et l’absence de futur, ou bien les dérèglements du climat.

Dans leur détresse, ces personnes ont besoin de solidarité et, nous en sommes témoins à Taizé, elles peuvent devenir nos amis. C’est comme si le Christ nous invitait à aller au-delà de nos craintes et de nos préjugés, c’est comme s’il nous disait : « Je suis le berger de toute l’humanité. Je suis mort pour eux aussi, qu’ils soient chrétiens ou non. Alors tu peux devenir leur ami. »

Le deuxième défi nous est lancé par notre terre qui elle aussi est vulnérable. Écoutons le cri de la terre. Face aux désastres écologiques dont sont victimes particulièrement les régions les plus pauvres, les pays occidentaux portent une responsabilité historique.

Des initiatives multiples sont prises, à tous les échelons. Elles restent insuffisantes. Au nom de nous tous, j’ose adresser cet appel aux responsables de la politique et de l’économie : les moyens financiers pour les changements nécessaires existent. Alors qu’ils soient orientés vers l’éradication de la pauvreté et pour prendre soin de l’environnement !

Ces deux défis qui menacent la paix sont immenses mais nous n’allons pas nous laisser décourager. Nous nous sommes approchés ces jours de la source d’une joie qui ne s’épuise jamais. Laissons cette source jaillir dans nos cœurs. Elle donnera à chacun et à chacune le courage de s’engager là où c’est possible, pour apporter sa contribution, même modeste, à la recherche de solutions.

Pour préparer la paix, nous voudrions faire grandir la fraternité. Pour cela, il est essentiel de nous ouvrir à d’autres cultures et mentalités. Parfois cela peut nous conduire très loin. Avant d’aller au Soudan du Sud et au Soudan, nous étions, avec deux de mes frères, dans un autre endroit d’Afrique qui a aussi traversé des épreuves, nous étions en Égypte pour une rencontre de jeunes.

Cent jeunes étaient arrivés d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Afrique, du Moyen Orient. Ils ont été accueillis par cent jeunes coptes orthodoxes du Caire, d’Alexandrie et de Haute-Égypte. Pendant cinq jours, nous avons découvert la longue et riche tradition copte orthodoxe de l’Église d’Égypte.

A Taizé, au long de l’été, nous avons déjà accueilli des jeunes chrétiens arabes, des coptes d’Égypte, des catholiques et orthodoxes du Liban, de Jordanie, d’Irak, de Palestine. Leur séjour de trois mois sur notre colline nous a rapprochés du Moyen Orient. Ils nous ont transmis leur soif de paix. Nous voudrions être toujours plus proches des jeunes chrétiens arabes.

Nous ferons dans quelques mois un autre pèlerinage. Ce sera trop loin pour y aller nombreux, ce sera une simple visite mais elle permettra d’approfondir des liens avec l’Église orthodoxe. Elle va réjouir les Russes qui sont réunis ce soir dans l’Arena. Du 16 au 19 mai, avec quelques-uns de mes frères et avec quelques jeunes, nous irons participer aux célébrations orthodoxes de l’Ascension dans la lointaine Sibérie, à Kemerovo.

Faire grandir la fraternité, cela peut nous conduire très loin mais cela commence à nos côtés, à notre porte. De retour à la maison, dépassons des cloisonnements, échangeons avec ceux qui pensent autrement que nous, construisons des ponts : entre religions, entre régions, entre pays européens, entre continents.

Allons vers ceux qui sont les plus vulnérables. Écoutons par exemple un sans abri raconter son histoire, ou une personne avec un handicap, un malade, un réfugié. Et nous verrons nos cœurs s’ouvrir, s’élargir, devenir plus humains, et même découvrir une joie.

Alors emportons de cette rencontre de Bâle ce dernier mot : l’être humain est fait pour la joie et la joie n’a pas vocation à être conservée pour soi mais à être partagée. La joie qui a sa source dans l’amour de Dieu, cette joie qui ne s’épuise jamais, est le ressort secret d’un engagement pour les autres qui ne faiblira jamais.

Méditations de frère Alois

Messages reçus pour la rencontre

Photos du MEJ Alsace

Photos de Taizé

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