L’évangélisation selon le pape François

Dans l’avion qui le ramenait, dimanche 3 décembre, de son voyage en Birmanie et au Bangladesh, le pape François a répondu à la question : « Évangélisation ou dialogue, quelle est la priorité ? » Il a ainsi rappelé sa vision de l’évangélisation.

Un témoignage

Évangéliser, « c’est témoigner de comment on vit l’Évangile : témoigner des Béatitudes, témoigner selon l’Évangile selon saint Mathieu chapitre 25, témoigner du Bon samaritain, témoigner du pardon 70 fois de suite », a explique le pape François. Il a ensuite partagé une anecdote qui lui est arrivée pendant les JMJ à Cracovie à l’été 2015, lors d’un déjeuner avec une quinzaine de jeunes du monde entier. L’un d’entre eux lui a demandé que dire à un de ses amis, un bon ami mais… athée. François a expliqué lui avoir répondu : « La dernière choses à faire est de dire quelque chose. Tu vis de l’Évangile. Et si lui te demande « Pourquoi tu fais cela ? », tu pourras lui expliquer. » Aux yeux du pape, « quand on vit avec témoignage, respect, on fait la paix ».

La force de l’Esprit saint

Et « dans [ce] témoignage, l’Esprit saint travaille », enchaîne le pape. François insiste souvent sur l’importance d’être « humble » devant l’Esprit qui, lui seul, peut agir dans le cœur des hommes. « C’est la force et la douceur de l’Esprit saint dans les conversions. Ce n’est pas une conversion mentalement, avec l’apologétique, la raison. C’est l’Esprit saint qui fait la conversion », a-t-il ajouté. Il avait déjà souligné ce trait dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, publié en 2013 : « Dans toute forme d’évangélisation, la primauté revient toujours à Dieu, qui a voulu nous appeler à collaborer avec lui et nous stimuler avec la force de son Esprit. »

Le danger du prosélytisme

« Évangéliser n’est pas faire du prosélytisme. L’Église ne grandit pas par le prosélytisme mais par attraction, c’est-à-dire le témoignage », a insisté le pape François dimanche 2 décembre. Pour lui, « la paix se brise quand commence le prosélytisme. Il y a tant de modes de prosélytisme et ce n’est pas évangélique ».

Plusieurs fois depuis le début de son pontificat, à l’occasion d’un voyage à Assise en Italie ou encore avant son voyage en Suède pour les 500 ans de la Réforme fin 2016, François a redit la vision négative qu’il a du prosélytisme : « Dans le domaine ecclésial, le prosélytisme est un péché. » Car, développait-il pendant la Journée missionnaire mondiale le 20 octobre 2013, « la méthode de la mission chrétienne n’est pas le prosélytisme, mais celle de la flamme partagée qui réchauffe l’âme ».

Même face à un petit comité, comme le 9 septembre 2016 lors de la messe matinale de la Maison Sainte-Marthe, François martèle son message : « Faire du prosélytisme : c’est aussi une vanité. Évangéliser, ce n’est pas faire du prosélytisme. Donc, ne pas faire une promenade, ni réduire l’Évangile à une fonction, ni faire du prosélytisme : ceci n’est pas évangéliser. C’est ce que dit Paul : « Pour moi, ce n’est pas un honneur. Pour moi, c’est une nécessité qui s’impose. » Un chrétien a l’obligation, mais avec cette force, comme une nécessité de porter le nom de Jésus, mais du propre cœur.» 

Magazine La Vie du 04/12/2017 

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