Il fait pour nous des merveilles

édito de Marc LarchetNoël est attendu, Noël est espéré. Nos villes ont mis leurs habits de lumière, nos magasins ont égayé leurs vitrines, nos maisons sont décorées, nos églises ont préparé la crèche. Aucune autre période de l’année ne mobilise autant d’énergie et de créativité, le temps de l’Avent puis le jour de Noël font rêver.

Mais qu’attendons-nous ?

Le cadeau à donner ou à recevoir, il est le témoin de l’attention que l’on se porte et ça n’est pas rien, surtout s’il est le fruit de la perception du désir de l’autre.Le bon repas à partager dans la joie, il est signe d’une amitié à développer.

Mais encore ?

Quelle place donne notre société à la venue d’un enfant, l’Emmanuel, le Fils de Dieu, né d’une femme Marie, qui dans la confiance totale au Seigneur, a dit oui : « Que tout se passe pour moi selon ta parole » ?

Il y a plus de deux mille ans, Marie et Joseph n’ont pas trouvé de place dans la salle commune. Aujourd’hui, acceptons-nous d’accueillir et de reconnaître cet enfant comme notre Seigneur ?

Oui, ce nouveau né, depuis longtemps annoncé, vient, comme au premier jour, bouleverser notre vie. Les quatre semaines de l’Avent nous invitent à être des veilleurs prêts à dire : « Viens Seigneur, nous t’attendons ».

Des traditions bienfaitrices nous invitent à vivre cette attente dans la joie et la confiance, à la suite de l’appel de saint Paul : « Frères, soyez dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance » :

  • La couronne de l’Avent. Chaque dimanche, allumons une bougie pour éclairer notre quête intérieure et tournons nous vers Notre Père en lui disant la prière que Jésus nous a appris, dans sa version actualisée. « Ne nous laisse pas entrer en tentation », remplace « Ne nous soumets pas à la tentation ».
    Ce changement enlève toute ambiguïté sur l’improbable désir de Dieu de nous soumettre à la tentation, tout en lui demandant son soutien paternel pour ne pas entrer en tentation.
    Librement, nous sommes invités à nous tourner vers le Seigneur pour solliciter aide et miséricorde.
  • Le calendrier de l’Avent tant attendu des enfants. Que chaque ouverture de fenêtre s’accompagne d’un Notre Père et d’un Je Vous salue Marie.
    Une invitation à vivre ce moment en famille.
  • L’ouverture des églises pour admirer les crèches ou écouter un concert, qu’elle soit l’invitation au recueillement silencieux et à la prière.
  • Le rendez-vous dominical pour partager en communauté la Parole de Dieu et nous nourrir de l’Eucharistie.

Durant ce temps de l’Avent, plusieurs petits groupes à travers le diocèse se retrouvent chaque semaine autour de Saveurs d’Évangile, une manière fraternelle d’habiter ce temps de veille.

N’hésitez pas à demander à votre curé la manière de constituer un groupe. Les textes liturgiques de l’Avent nous le rappellent : nous sommes tous prophètes, prophètes les uns pour les autres, prophètes pour notre monde, chargés de révéler la présence de Dieu et de son règne de justice et de vérité.

Nous sommes aussi envoyés pour « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, consoler tous ceux qui sont en deuil » (Isaïe, 61).

Oui, celui qui va naître est déjà vivant, il est notre vie, sommes-nous prêts à témoigner « qu’il fait pour nous des merveilles » ?

Belle période de l’Avent, joyeux Noël !

Marc Larchet