Le Saint-Siège veut un monde sans armes nucléaires

Le cardinal Parolin et le cardinal Turkson lors du symposium sur le désarmement nucléaire, le 10 novembre 2017

Le Saint-Siège veut un monde sans armes nucléaires. Sous la direction du pape François, il affiche dans ce domaine une position sans équivoque.

Elle a été clairement réaffirmée lors de la conférence internationale qui s’est tenue les 10 et 11 novembre au Vatican. Sous les auspices du Dicastère pour la promotion du développement intégral, elle a rassemblé quelque 350 participants d’une soixantaine de pays, dont plusieurs prix Nobel.

Parmi eux, une délégation de l’ICAN, la campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, récompensée par le Prix Nobel de la paix 2017.

Dans son discours d’ouverture, le cardinal Peter Turkson, président du dicastère pour le développement, a annoncé la couleur en rejetant, d’emblée, l’argument de la dissuasion nucléaire.

Défendue par plusieurs pays, cette force dissuasive est, pour le Vatican, totalement inefficace contre les défis actuels. Avec en toile de fond, l’environnement sécuritaire international et en particulier la menace nord-coréenne, les interventions étaient teintées d’inquiétude.

Selon l’ICAN, il existe aujourd’hui dans le monde 16 000 armes nucléaires possédées par neuf États dont la France. Au Japon, 72 ans après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, on continue à soigner des victimes des radiations nucléaires.

L’évêque de Troyes souhaite une parole forte de l’Église de France

Les relations internationales, a martelé le pape François dans son discours, ne peuvent être dominées par la force militaire, par les intimidations réciproques, par l’ostentation des arsenaux… La détention des armes nucléaires répond à une logique de peur et engendre une sensation trompeuse de sécurité.

Le Saint-Père a invité à écouter la voix prophétique des personnes affectées par les explosions ou par les essais nucléaires. Devant un parterre d’experts, de militants, d’ecclésiastiques… mais aussi de diplomates, dont l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, plusieurs voix se sont élevées pour demander que les citoyens fassent pression sur leurs gouvernements.

Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, a pour sa part insisté à la fois sur les conséquences humanitaires et environnementales de l’emploi de l’arme atomique et sur le gaspillage que représentent les dépenses militaires exorbitantes.

L’évêque de Troyes, Mgr Marc Stenger, président de Pax Christi-France, participait lui aussi à la conférence. Saluant la détermination du Saint-Siège, Mgr Stenger s’est dit convaincu qu’après cela, il se passera quelque chose, que le Saint-Père ne s’arrêtera pas là, car il y a des dialogues à mener.

Il faudrait selon lui que l’Église de France s’exprime haut et fort dans un pays qui détient l’arme atomique et où beaucoup estiment que la dissuasion nucléaire reste pertinente.

Le développement intégral passe par le désarmement intégral

Les conclusions contenues dans le document final de la conférence sont claires : la dissuasion nucléaire n’est pas en mesure d’instaurer une paix stable. L’Église catholique s’engage à promouvoir le dialogue à tous les niveaux.

Enfin, le Saint-Siège exhorte les États qui ne l’ont pas encore fait à signer et ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté le 7 juillet dernier à l’Assemblée générale de l’ONU.

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