L’Église aime l’Europe et elle croit en son avenir

L’assemblée Plénière des Conférences épiscopales d’Europe qui s’est tenue à Minsk en Bélarus a lancé ce message final d’engagement à poursuivre la construction européenne.

L’Église aime l’Europe et elle croit en son avenir : l’Europe n’est pas seulement une terre, mais c’est une tâche spirituelle. Dans l’assemblée plénière qui s’est tenue à Minsk, Bélarus, nous avons renouvelé notre engagement qui consiste à prendre part avec enthousiasme au cheminement du continent, qui a quelque chose de grand à offrir à tous dans la logique de la réciprocité.

Il revient à notre Conseil de promouvoir la communion entre les Pasteurs des différentes Nations et de trouver les chemins à suivre pour que la voix du Seigneur Jésus résonne à nouveau dans le cœur de « l’homme européen », de la culture et de la société : où la dignité humaine peut-elle être solidement ancrée si ce n’est en Jésus, fils de Dieu qui s’est fait homme ? Voilà quelle est la contribution spécifique du Christianisme à l’identité européenne et deux millénaires de charité, d’art et de culture en sont le témoignage vivant.

Nous reprenons de tout cœur le souhait exprimé par le Saint-Père François pour «un élan nouveau et courageux à ce cher Continent ». Nous ne pouvons nous soustraire à cet élan, conscients du fait que nous sommes les messagers d’une bonne nouvelle. Le message dont nous sommes redevables au monde est élevé et fort, néanmoins nos instruments sont pauvres : l’Évangile de Jésus est la source éternelle de l’histoire européenne, de sa civilisation humaniste, de la démocratie, des droits et devoirs de l’homme. Il en est également la garantie la plus sûre !

Malgré les poussées qui tendent à isoler, nous continuons à croire en cette unité d’idéaux spirituels et éthiques qui est, depuis toujours, l’âme et le destin de l’Europe. De même, nous continuons à croire en un chemin perpétuel de réconciliation qui est une partie non seulement de l’histoire mais de la vie, et qui conduit au respect et à la mise en valeur des traditions et des religions différentes, au-delà de tout extrémisme.

L’ouverture à la religion, à la transcendance, aux rapports solidaires, à la communion, s’est incarné dans l’Évangile et a révélé la dignité unique de la personne. Elle a inspiré le chemin, pas toujours facile, de l’Europe, qui  a dû se heurter à ses limites et à ses erreurs. Le phénomène de l’immigration lui-même est éclairé par cette âme, sous le signe de l’accueil, de l’intégration et de la légalité, malgré les difficultés et les craintes, conscients de la nécessité de mener un effort pour assurer une responsabilité commune.

Aux Peuples et aux Nations nous souhaitons exprimer notre encouragement pour qu’ils puissent réagir contre les fortes suggestions du sécularisme qui pousse à vivre sans Dieu ou à l’enfermer dans la sphère privée, en alimentant le germe de l’individualisme qui entraîne la solitude. Par ailleurs, nous savons que l’ouverture à la vie -dans chacune de ses phases- est un indice d’espérance et le degré de natalité est le meilleur indicateur pour comprendre l’état de santé d’une société.

L’autre sujet qui a attiré notre attention collégiale a été précisément la réalité des jeunes -thème du prochain Synode de l’Église. Une grande sympathie a jailli des Épiscopats Européens : une sympathie qui se traduit en prière, en une plus grande proximité, en un véritable désir d’écoute et d’accompagnement des jeunes, patient et empli d’amour.

L’Église croit fortement en eux, elle fait confiance à ces jeunes et elle a de l’estime pour eux. Comme une mère à l’égard de ses enfants. Pendant les travaux, l’on a également abordé une série de préoccupations, comme la culture liquide que nous respirons tous, l’exaspération individualiste répandue, cause de l’incertitude et de la solitude, ainsi que les conflits et les injustices qui, de nos jours encore, portent atteinte au bien immense qu’est la paix. Autant de raisons pour confirmer notre engagement qui consiste à cheminer avec les jeunes, à nous tenir à leurs côtés, à leur faire comprendre que l’Évangile est l’annonce du grand « oui » à la vie, à l’amour, à la liberté, à la joie : c’est dire « oui » à Jésus-Christ.

Sur ce chemin, nos communautés sont avec nous et avec nos prêtres, pour être le signe de l’espérance, de la communion, de la bienveillance active : la racine profonde et vivante c’est le Christ qui parle au cœur et à la raison de chacun d’entre nous et du Continent, afin qu’il retrouve soi-même au-delà de la politique et de l’économie.

Nous aimerions que la Parole de Jésus atteigne le cœur de l’Europe : « Ne crains rien car je suis avec toi ». Ne crains rien, ancienne Europe ; n’aie pas peur d’être toi même, reprends le chemin des Pères qui t’ont rêvée comme une maison de Peuples et de Nations, mère féconde d’enfants et de civilisation, terre d’humanisme ouvert et intégral. Oui, ne crains rien, aie confiance ! L’Église, experte en humanité, est ton amie : le regard rivé sur Jésus-Christ, l’Évangile dans les mains, elle chemine avec toi vers un avenir de conciliation, de justice et de paix.

Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) réunit les 33 Conférences Episcopales Européennes actuelles, représentées par leurs Présidents, les Archevêques du Luxembourg et de la Principauté de Monaco, l’Archevêque de Chypre des Maronites, l’Évêque de Chişinău (Rép. de Moldavie), l’Évêque éparchial de Mukachevo et par l’administrateur apostolique d’Estonie. Son Président actuel est le Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes; ses Vice-présidents sont le Cardinal Vincent Nichols, Archevêque de Westminster et Mgr. Stanisław Gądecki, Archevêque de Poznań. Le Secrétaire général du CCEE est Mons. Duarte da Cunha. Le siège du secrétariat se trouve à Saint-Gall (Suisse).www.ccee.eu