Fête des migrants, vivre ensemble une rencontre

Dimanche le 11 octobre, à pas tout à fait 2 mois de l’ouverture de la porte de Miséricorde, les communautés issues de la migration du Bas Rhin ont inauguré leur année pastorale par la fête des communautés qui portait le thème : « Avec Miséricorde, allons à la rencontre de l’autre et accueillons la différence ! »

Fête des migrants 2015

Ce thème, choisi par le Conseil Pastoral des migrants, a permis d’enrichir notre fête, de rappeler son sens profond et de la construire avec des nouveaux partenaires. En effet, si d’habitude, pratiquement chaque année pastorale, les communautés issues de la migration se rencontrent ensemble au sein d’une paroisse qui accepte de les accueillir, si elles partagent la célébration eucharistique et puis un temps gastronomique et festif ; cette année elles ont construit avec la Communauté de paroisses St Benoit/St Jean Bosco un projet, l’ont approfondi avec le thème de la Miséricorde et ont cherché ensemble comment, par le biais de la RENCONTRE, commencer à mettre en œuvre ce thème.

Arletta Thomas, Pastorale des Migrants du Bas Rhin

En explorant le terrain de la paroisse d’accueil, elles ont fait connaissance avec une autre communauté, la communauté musulmane, qui se rassemble et prie dans les locaux de la paroisse. L’inviter à la fête parut une évidence, l’acceptation de la part des musulmans – quasi immédiate. Si pour la paroisse une telle rencontre n’était pas une nouveauté, les communautés issues de la migration se sont plusieurs fois émues autour de toutes les questions touchant l’accueil et le respect de l’autre : les choix alimentaires pour le « partage des saveurs », les choix vestimentaires, le programme artistique avec la présence des chants religieux… Finalement la Communauté des Iles a pu apporter son « punche », plusieurs communautés ne se sont pas privées de la viande de toutes sortes et nous avons tous veillé à l’information relatifs aux ingrédients constitutifs des plats et des boissons pour que chacun puisse consommer en toute conscience. Au moment du repas, nous nous sommes vite rendu compte que la même faim et le même appétit nous rassemblent, la même envie de partager nous unit. Les écharpes de 12 couleurs ont permis de mélanger toutes les personnes de différentes communautés. La même couleur d’écharpe et de la table regroupait des personnes des divers pays, culture et religions. Ce fut le moment de faire connaissance, se parler naturellement, s’apprivoiser.Un lieu interculturel et interreligieux de la RENCONTRE. 

Le temps festif a commencé par un témoignage à deux voix : musulmane et catholique. Pour la voix catholique, c’était un retour sur l’histoire du « vivre ensemble » dans le quartier de Haute Pierre qui a démarré en 1990. Depuis c’est par le biais de plusieurs facettes qu’il se traduit sur le terrain :les offices interreligieux, création d’un calendrier interreligieux (premier sur Strasbourg), l’activité d’un groupe interreligieux qui s’investit par exemple dans le cadre de la Semaine des Rencontres Islamo-Chrétiennes (pilotées par le GAIC*). La voix musulmane nous a éclairés sur l’activité de leur association Solidarité Culturelle, les invitations respectives entre la communauté de paroisses et la communauté musulmane, le dialogue et la sensibilisation des élus présents sur le quartier, le soutien réciproque etc…

L’espace de l’église St Jean Bosco est partagé en deux : dans une partie les chrétiens célèbrent le samedi soir, dans la deuxième – les musulmans prient tous les vendredis et pendant le temps du Ramadan. Lorsque la communauté catholique besoin de plus d’espace, les musulmans rangent leurs tapis de prière et libèrent, comme dimanche dernier, la place. Cette fois – ci, après la messe, tout l’espace était occupé par les musulmans et catholiques qui ont fêté ensemble !  

Un petit arbre était dressé et on y a accroché, comme des cadeaux, les mots « miséricorde » en plusieurs langues : en swahili, en portugais, en polonais, en syriaque, en arabe, en vietnamien, en créole…puis nous avons essayé d’apprendre à les prononcer dans toutes ces langues. Les chants et danses malgaches, les rythmes chauds des plusieurs chorales africaines, les chants d’une chorale d’enfants musulmans ont intercalé les discours et les récitations poétiques. A la fin, « un verre et des délices sucrées de l’amitié» étaient partagés puis tous ensemble, nous avons chanté : « Kumbaya, myLord, Kumbaya» 

Il était difficile de nous séparer sans voir germé les graines que nous avons semées. Nous nous sommes promis de les cultiver afin qu’un bouquet des fleurs d’un meilleur « vivre ensemble » entre tous les peuples puisse être récolté.