Mgr Ravel fête le jubilé de l’Église du Rwanda

Le 7 octobre 1917, Mgr Hirth fondait l’Église catholique du Rwanda. Mgr Ravel a participé au jubilé du centenaire et fêté l’exceptionnelle action missionnaire de l’Alsacien Jean-Joseph Hirth.

À l’invitation du Président de la Conférence des évêques du Rwanda, Mgr Philippe Rukamba, évêque de Butaré, Mgr Luc Ravel, a participé au jubilé du centenaire du sacerdoce au Rwanda le samedi 7 octobre dernier. La présence de l’archevêque de Strasbourg était un hommage à une figure alsacienne exceptionnelle, Mgr Jean-Joseph Hirth, fondateur de l’Église catholique du Rwanda.

Témoignage.

 

Jean-Joseph Hirth, né en 1864, est un enfant du Sundgau, de Spechbach-le Bas très exactement. Lors de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne en 1870, la famille Hirth fuit et s’installe à Nancy. Jean-Joseph entre au Grand Séminaire de Nancy.

Il y rencontre Mgr Lavigerie, ancien évêque de Nancy, devenu en 1867 premier évêque d’Alger et fondateur en 1868 de la société des missionnaires d’Afrique, plus connue sous le nom de Pères Blancs.

Jean-Joseph Hirth rejoint la société missionnaire et est envoyé en Afrique de l’Est, sous dépendance allemande. Il arrive au Rwanda en 1890 et débute une activité d’annonce de l’Évangile très féconde. Il envoie une dizaine de jeunes au séminaire en Tanzanie. Le 7 octobre 1917, deux premiers d’entre eux sont ordonnés prêtres par Mgr Hirth. Ainsi naissait l’Église catholique rwandaise, très vivante aujourd’hui.

Les évêques rwandais ont souhaité pour le jubilé de ce centenaire mobiliser pendant deux ans toutes les communautés sur le thème de la vocation sacerdotale. Et pour marquer l’importance de l’unité de l’Église rwandaise, les 63 ordinations de 2017 ont été célébrées le même jour par tous les évêques du pays à Kabgayi , lieu des deux premières ordinations par Mgr Hirth un siècle auparavant.

« Les questions auxquelles se confrontent l’Église du Rwanda sont proches des nôtres, explique Mgr Ravel. Les jeunes qui souhaitent discerner sur leur vocation sont peu formés, moins structurés que leurs ainés.  Ils ont une faible culture catéchétique, aussi les évêques ont décidé d’organiser le temps propédeutique sur deux ans pour construire les fondations nécessaires à une entrée dans un cycle de formation théologique.

J’ai été très impressionné de la vitalité de l’engagement des laïcs dans les paroisses, et en particulier de la place des femmes. Par exemple, quand je suis arrivé le premier soir dans la paroisse où je résidais, c’est le président du Conseil de paroisse qui m’a accueilli et qui a fait le discours de bienvenue.

J’ai également été très ému durant ce voyage par la vénération des catholiques rwandais à Mgr Hirth, son ardeur missionnaire, son charisme, son envergure spirituelle, son sens pastoral sont encore bien vivants. Et pour moi, à travers Mgr Hirth je découvre cette richesse spirituelle venue d’Alsace qui rayonne dans le monde ».

La célébration du jubilé fut longue et pleine de joie : « nous avons commencé à 9h30 et terminé à 16h30. En Afrique, on prend son temps, on parle beaucoup, pas toujours facile pour moi qui ne comprend pas le rwandais, on chante, on danse.

Le président de la République, Paul Kagamé, est venu rejoindre la célébration l’après-midi pour faire un discours très apprécié par mes frères évêques. Et puis, en fin de cérémonie s’est abattue une pluie torrentielle, sans provoquer plus d’émois que cela. »

 

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