Film : Le Christ aveugle

Le film chilien de Christopher Murray, le Christ aveugle, sort sur les écrans strasbourgeois du Star à compter du 17 mai.

Thierry Lenouvel, producteur du film, partage son coup de coeur.

L’oeuvre se présente comme un long parcours guidé par la quête du sens véritable de la religion et entrecoupé par des récits sous forme de flashbacks qui rompent avec sa linéarité et s’ancrent dans les souvenirs et les paroles du personnage principal.

Au fil de son long cheminement à travers un Chili septentrional dont les ressources minières sont exploitées par de grandes compagnies, tandis que ses habitants, laissés pour compte, n’arrivent plus à se réapproprier leurs terres, un garçon nommé Michael (interprété par le jeune Michael Silva) retrouve la foi qu’une mort dans sa famille avait fait vaciller. Soutenant à qui veut l’entendre que “Dieu n’est pas à l’extérieur, mais en chaque individu”, Michael invite ses proches et tous ceux qui croisent sa route à regarder en eux pour arriver à une conclusion valide, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi  par rapport à la logique : car si on accepte l’idée que Dieu est en chacun de nous, qu’il fait partie de nous, et que, par ailleurs, il est capable de miracles, alors, par transitivité, cela signifie que nous sommes aussi capables d’accomplir des miracles.

Michael se reconstruit en fonction de ce credo, renforcé par une manifestation du divin sous forme de lumière en provenance d’un brasier en plein désert qui lui a illuminé la conscience, mais il ne se contente pas de savoir que Dieu existe : il veut démontrer à ses concitoyens comme à lui même, pour confirmer encore plus avant sa foi, qu’il a les moyens d’accomplir un véritable miracle. La clef de voûte du discours porté par Michael Silva, et mené pas à pas de manière excessivement contemplative par la caméra de Christopher Murray, trouve ses racines dans le besoin de foi et la nécessité de croire en la communication entre les êtres, sans intermédiaires.

Michael, de fait, se rapporte de manière extrêmement directe avec tous ceux qui le croisent par le fait du hasard : à chaque fois, il tente d’établir un rapport d’empathie avec leur moi profond, avec cette partie de Dieu qui réside dans les fibres de leur corps – fibres qui, de fait de leur perte de foi, semblent des étendues arides comme le désert que traverse physiquement le personnage. Il va de soi que Michael s’oppose à toute médiation de l’Église, soutenant que chaque individu doit chercher seul un rapport avec Dieu et avec lui-même.

Le cinéma Star vous fera bénéficier du tarif réduit à 5 euros sur présentation de cet article.