Message commun de Pâques 2017

mgr-ravel-avril2017Aube de Pâques : trois femmes discrètes et inquiètes se faufilent dans le petit matin blême. Elles sont venues pour christian-albeckerembaumer le corps de Jésus mort, et s’inquiètent : « Qui nous roulera la pierre de devant la porte du sépulcre ? ». Mais la pierre, très grande, a été roulée. Pas de trompettes célestes ni de tremblement de terre, simplement un jeune homme en vêtement blanc qui veut les rassurer : « Ne vous effrayez pas ! » et qui leur fait part de l’incroyable nouvelle : « Jésus de Nazareth, le crucifié, est ressuscité, il n’est pas ici. (…) Il vous précède en Galilée ».

Prises de panique, les trois femmes s’enfuient, « tremblantes et bouleversées » (Evangile de Marc 16, 1 à 8). Voilà donc l’événement central et fondateur du christianisme : trois femmes apeurées qui reçoivent un message qu’elles ne comprennent pas et qui s’enfuient en courant ! Nous sommes loin des manifestations de puissance et de gloire que nous pourrions attendre pour un tel événement !

Car Pâques, c’est d’abord la venue dans la discrétion de celui qui a traversé la mort, celui qui dans le jardin va s’adresser à Marie de Magdala – qui ne le reconnaît pas –  en l’appelant par son nom : « Marie !» (Jean 20, 11 à 18). Avec la même délicatesse et la même discrétion, il appelle chacune et chacun d’entre nous par son nom : l’expérience de la résurrection, c’est d’abord cette rencontre intime et personnelle du Christ avec chacune et chacun de nous.

Celui qui s’est relevé d’entre les morts est désormais debout devant nous et nous précède. La résurrection, c’est donc pour aujourd’hui, dès maintenant, pour toutes celles et ceux qui veulent inscrire leurs pas dans ceux du Vivant. Et cet aujourd’hui traverse notre vie comme il traversera notre mort : nous n’avons plus besoin d’être tremblants et effrayés, car la brèche vers la vie est ouverte devant nous.

Les forces de mort sont toujours à l’œuvre, mais elles n’auront pas le dernier mot ! Notre pauvre monde est déchiré par des guerres, des violences meurtrières, de terribles injustices. Il est marqué par la peur, la méfiance, l’absence de perspective et d’espérance, qui marquent aussi le climat des échéances électorales de notre pays.

Mais que seraient ce monde et notre pays si inlassablement des femmes et des hommes de bonne volonté ne se levaient pas pour dire leur refus de la fatalité, de la violence et de l’injustice ? Parmi eux, les chrétiens ont vocation, au nom du Christ ressuscité, à être sel de la terre et lumière du monde !

Alors, en cette année où tous les chrétiens, catholiques, orthodoxes et protestants fêtent Pâques le même jour, redisons avec force et joie la bonne nouvelle : la mort est morte, vive la vie !

JOYEUSES PÂQUES A TOUTES ET A TOUS !

+ Mgr Luc RAVEL                      Christian ALBECKER
Archevêque de Strasbourg            Président de l’UEPAL